Avatar : Chassez la Françafrique, elle revient au galop ! – Cameroon Info

Françafrique et « Sarkafrique » sont les deux mamelles de la politique africaine de la France. La première n’est pas morte; elle survit dans la seconde.

Quel rôle les militaires français ont-ils joué pendant la bataille de N’djamena ? Les responsables français disent n’être pas intervenus dans ce conflit. Mais un certain nombre d’éléments semblent corroborer l’implication des forces françaises. La réaction de Paris ces derniers jours exhale un parfum de naphtaline qui rappelle les anciens réflexes foccartiens qui consistaient à soutenir les  » amis  » de la France,des dictateurs en général, coûte que vaille : le président Sarkozy et son ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, ont clairement soutenu l’ami Deby. Comme au bon vieux temps. M. Sarkozy a d’ailleurs annoncé qu’il se rendrait au Tchad probablement cette semaine, histoire d’aller sauver le soldat Deby.

Cette débauche d’énergie de Paris est manifestement en déphasage avec la rupture prônée par M. Sarkozy, qui, durant la dernière campagne présidentielle, avait annoncé des jours sombres pour les dictateurs africains. Une fois au pouvoir, il va montrer sa détermination à donner le coup de grâce à la Françafrique en dissolvant la cellule africaine de l’Elysée. Les partisans d’une nouvelle ère dans les relations franco-africaines, ont naïvement applaudi des deux mains. Car, à peine installé sur le fauteuil présidentiel, il s’est empressé de rendre visite à celui-là même qui incarne la Françafrique dans tout ce qu’elle a de sombre, de maffieux et d’antidémocratique : M. Omar Bongo Ondimba, un véritable fossile du pré-carré français en Afrique.

En lieu et place de la rupture que M. Sarkozy proposait, la Françafrique semble renaître de ses cendres tel un mutant sous une forme plus soft, donc plus pernicieuse ; l’aviation française ne larguera plus des bombes sur les positions des ennemis des amis de la France comme ce fut le cas à Kolwezi dans l’ex-Zaïre ; les troupes française n’iront plus faire ouvertement le coup de feu comme ils l’ont fait au Rwanda en 1994 dans le cadre de  » l’Opération Epervier  » ; l’armée française n’ira plus jouer les forces d’interposition pour protéger les intérêts français comme ils l’ont fait en Côte d’Ivoire dans le cadre de  » l’Opération Licorne « . Ce sera toujours la Françafrique, mais trempée dans la sauce sarkozienne. Nous lui avons trouvé un nom de substitution : la  » Sarkafrique « . Elle est officieusement le continuum de la Françafrique, mais officiellement elle nie ses méthodes. Françafrique et Sarkafrique sont donc les deux mamelles d’une politique africaine de la France sur laquelle les nouveaux dirigeants français ont posé un vernis de changement. Mais lorsqu’on gratte dessus, on découvre les mêmes combines : soutien aux dictateurs, contrats pétroliers maffieux, etc


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