La campagne est finie : il n’y a pas eu de match

Comme à l’habitude de répéter dans le Facebook, un thuriféraire de Deby, il n’y a pas eu match, ni dans les moyens mobilisés ni dans les programmes politiques, moins encore dans les postures des candidats lors des différents meetings.

Par contre, on a remarqué l’enthousiasme et l’opiniâtreté de la masse populaire au vrai changement, pour ne pas dire à l’alternance voulue par la majorité de tchadiens, tout en sachant que les dés sont déjà jetés, mais sans se résigner la lutte a continué jusqu’à la fin de la campagne.

            Le peuple  aspire au changement. Les consciences se sont éveillées et rien ne sera comme avant, et ce, quelle que soit l’issue du scrutin!

Certes, le déséquilibre est patent et palpable.. Là où les autres candidats ont utilisé leurs propres moyens ou les  cotisations de leurs militants et sympathisants, par ces temps de disette sciemment entretenue par le pouvoir MPS, Deby, sans honte ni vergogne, fidèle à ses pratiques de 26 ans, a puisé sur la caisse commune : d’abord lui personnellement et ensuite ses nombreux délégués, ses bureaux de soutiens, et enfin ses meetings. Tout a été en effet financé de bout en bout par les fonds publics.

Quant au fond des programmes et des meetings, les candidats de l’opposition ont fait un bilan exhaustif largement négatif du candidat MPS avant d’exposer leurs propres  programmes axés sur les besoins élémentaires des tchadiens : éducation, santé, infrastructures, sécurité alimentaire, sécurité, l’armée, les institutions de la république etc.

En revanche, le candidat MPS a fait table rase de son bilan de 26 ans de règne et les électeurs n’ont en réalité rien compris de ce qu’il leur proposait comme nouveautés après un quart de siècle de pillage à l’exception de deux mots qui reviennent comme un leitmotiv : la stabilité et le chemin de fer !

Il n’y a pas eu non plus de match  pour l’organisation des meetings. Le MPS a utilisé les moyens de l’Etat, la pression, les intimidations pour faire venir les populations dans ses meetings. Lors du dernier meeting du candidat MPS, on aurait transporté des chameaux et des chevaux avec leurs propriétaires dans des camions !

A la différence des meetings des autres candidats, ceux du candidat MPS sont purement et simplement artificiels. Artificielle est aussi la nouvelle posture du candidat MPS, posture conseillée certainement par ses nouveaux communicateurs: Tel un robot sorti tout droit d’un cabinet médical, des longs gestes enveloppés, des rires et expressions de joie artificiels, Deby trotte et saute comme un cabri pour prouver qu’il est en bonne santé.

Dans sa tirade contre  ceux qui souhaitent sa disparition, le Sultan dans ses envolées a commis deux impaires, le 1er est d’ordre physique : à peine eut-il esquissé un pas pour sautiller, il était déjà essoufflé et sa voix a complètement changé. Quand on dope un malade c’est un minimum et mais pas de gros efforts physiques. La 2è bévue est d’ordre moral, quand il disait péremptoirement devant des milliers partisans : « je vais enterrer beaucoup de mes détracteurs avant de mourir, » il aurait dû finir en bon musulman  sa phrase par le terme conventionnel « inchaallah » il ne l’a pas dit, c’est un mauvais signe !

Superficiel aussi son message, là où les autres candidats parlent de son bilan, Deby, lui insulte, tourne en dérision les programmes des autres, les traite des vendeurs d’illusions, des rigolos, des aventuriers, quand les autres évitent courageusement et intelligemment à attaquer  sa personne. Ce sont des expressions de quelqu’un en panne de programmes, des nouvelles propositions. Dans la majorité des cas, les insultes ne qualifient pas objectivement. Elles cachent des faiblesses. .

On aurait noté pour l’histoire que Deby a boycotté le BET, c’est la seule région où il n’a pas mis pieds ; on aurait tort de penser que c’est parce que le BET est acquis 100% à lui, il n’en est rien de tel. Plutôt,  le BET a publiquement désavoué sa politique, pour ne pas dire rejeter un de ses fils qui incarne à lui seul toutes les injustices qu’ont endurées les tchadiens depuis les 26 dernières années. Rancunier, IDI méprise  et s’en passe lui aussi du BET. Eh bien, ainsi soit-il, le BET survivra sans Deby  et sans le MPS.

 

Beremadji Félix
N’djaména – Tchad


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