Tchad: les rebelles veulent un chef unique avant de repasser à l’offensive – Afp

L’alliance des trois principales rébellions tchadiennes, qui a échoué les 2 et 3 février à renverser le président Idriss Deby Itno, a décidé de se doter d’un chef « unique » avant d’attaquer à nouveau N’Djamena, a annoncé vendredi à l’AFP son porte-parole.

« On a décidé de ne plus repartir à N’Djamena sans avoir une direction unique« , a déclaré Abderaman Koulamallah, joint sur téléphone satellitaire de Libreville.

Selon lui, une commission comprenant des personnalités des trois mouvements va « choisir un chef de consensus le plus tôt possible« .

L’alliance est formée de l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) du général Mahamat Nouri, du Rassemblement des forces pour le changement (RFC) de Timan Erdimi et de l’UFDD Fondamentale (UFDD-F) d’Abdelwahid Aboud Makaye.

Longtemps incapables de s’entendre, ces groupes armés se sont alliés à la mi-décembre en formant un commandement unifié, sous la pression du Soudan, leur parrain, selon plusieurs experts. La direction avait toutefois été confiée à un « collège » réunissant les trois chefs.

Le porte-parole rebelle a reconnu que cette direction tricéphale avait été « une des raisons » de la défaite dans la bataille de N’Djamena.

Il a assuré que le nom du futur chef n’était pas encore connu, démentant toute pression du Soudan en faveur du général Nouri, considéré comme l’allié privilégié de Khartoum.

« Il faut absolument qu’on s’entende sur un chef« , a-t-il insisté.

Partis le 28 janvier du Soudan, où ils avaient leurs bases arrière, les rebelles ont traversé le Tchad pour venir attaquer N’Djamena le 2 février. Ils ont même semblé en mesure de renverser le président Deby, retranché dans son palais de la capitale.

Le chef de l’Etat a finalement réussi à retourner la situation, avec l’aide décisive de l’armée française, et les rebelles ont dû quitter la capitale le 3 février.

Ils se sont depuis dirigés vers le sud-est du Tchad, non loin des frontières soudanaise et centrafricaine, selon des sources militaires.

Abderaman Koulamallah a reconnu que les rebelles étaient en mouvement vendredi dans cette région, mais a assuré qu’ils ne retourneraient « jamais » au Soudan.


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