Tchad: L’engagement militaire français – Rfi

Petit à petit, on en sait plus sur la nature du « soutien » accordé par l’armée française au régime du président Idriss Déby, pendant l’offensive rebelle.

Dernière précision en date : le porte-parole du ministère de la Défense admet que la France a bien acheminé en urgence des munitions à destination des Forces armées tchadiennes. Il affirme que cela fait partie du « soutien » accordé au titre de l’accord de coopération militaire, y compris en temps de paix, alors que jusqu’ici, en termes de soutien, Paris évoquait plutôt le renseignement, le transport de combattants, le carburant, les rations alimentaires, ou l’assistance médicale.

Une grande partie des armements tchadiens – les vieux chars T-55, ou les mitrailleuses lourdes de calibre 14.5 qui ont fait beaucoup de dégâts parmi les assaillants – sont d’origine soviétique. Pour reconstituer les stocks de munitions, il a fallu se tourner vers la Libye, désormais liée à la France par un accord de défense, conclu en juillet dernier. Il est possible qu’une partie de ces munitions ait été livrée directement à l’Armée nationale tchadienne (ANT) par des appareils libyens, puisque la Libye avait choisi de rapatrier elle-même ses ressortissants.

Outre deux ou trois hélicoptères d’attaque tchadiens du type Mi-17 et Mi-24 – également de fabrication ex-soviétique, avec pilotes étrangers, qui opéraient de l’aéroport de Ndjaména, « tenu » par l’armée française -, le président Déby a disposé de trois avions d’appui ou d’attaque légers, des Pilatus Pc-7 de fabrication suisse, basés notamment à Abéché, dans l’Est, et qui sont intervenus à la frontière avec le Darfour. L’un de ces appareils monomoteurs biplaces avait été livré par la France, et les deux autres achetés plus récemment en Suisse à titre « d’avions d’entraînement », mais aussitôt « militarisés », ont été utilisés comme avions anti-guérillas ce qui a suscité une polémique, ces derniers jours, dans la Confédération helvétique.

Près 1 800 soldats français se trouvent actuellement au Tchad, dont deux tiers au titre du dispositif militaire « Epervier », mis en place en 1986 lors de la tentative d’annexion de la bande d’Aouzou par la Libye. Paris a démenti toute implication directe de ses effectifs dans les affrontements entre les rebelles et l’armée tchadienne à Ndjaména, entre le 1er et le 3 février. Le ministre français de la Défense, Hervé Morin, a toutefois reconnu que l’armée française a dû riposter dans quelques cas, pour garantir la sécurité de l’aéroport de Ndjaména lors des opérations d’évacuation de ressortissants français et étrangers.


Commentaires sur facebook