Les Brèves de N’djaména: Le nouveau gouvernement de l’émergence

Un gouvernement pléthorique et statique. Quand les auteurs mêmes de la crise  sont reconduits pour résoudre la même crise, c’est qu’on est vraiment à côté de la plaque. Au-delà d’un tableau familier et dont les résultats attendus sont connus d’avance, deux faits anodins relatent de la légèreté avec laquelle les affaires de l’Etat sont traitées. Lors du précèdent remaniement qui a vu l’arrivée de Allamine Bourma Treyé et un peu plus tard celle de Mahamat Louani, les interprétateurs des décisions du sultan avaient spéculé et trouvé le pourquoi de l’arrivée de ces deux individus entre autres et pronostiqué leur départ du gouvernement lors du prochain remaniement.

Les faits et les gestes du Sultan sont devenus tellement banals et banalisés que les pronostiqueurs se trompent très rarement. Cela signifie tout simplement que les grands dossiers de l’Etat sont traités dans la rue, sinon dans des maisons peu fréquentables par des analphabètes hissés au sommet de l’Etat ou par des bambins semi-analphabètes du sérail.

Ceci étant, Allamine Bourma Treyé était « promu » Ministre pour laisser le poste de DN de la BEAC locale au petit frère du Ministre des affaires étrangères en chômage au cabinet de Deby. C’est aussi simple que cela!  Quant à Mahamat Louani, il serait victime de la logique rancunière de Deby. Louani avait eu des relations exécrables avec Deby  lors de son passage éphémère  au  ministère des finances ; lors d’un remaniement, Deby l’a débarqué sans ménagement mais aussitôt récupéré par la Banque mondiale qui connaît les compétences et le sérieux de l’individu. Mais la rancune du despote étant sans limites, il voyait très mal Mr Louani travailler et vivre décemment sans son appui, alors il pressait les différents Ministres des Finances pour que ceux-ci interviennent auprès de la BM aux fins de se débarrasser de Mr Louani. Mais  la Banque préféra  l’exfiltrer du Tchad que de se soumettre aux humeurs d’un despote « sans lumière » comme dirait le Sage  HAMBATE BA. L’ex Ministre trouva refuge dans un pays de la Cemac où il menait une vie sans problème jusqu’à ce que Deby s’en rende compte qu’il est bien dans un organisme international sans son soutien; alors  il le ramena au pays et  voilà à la poubelle après un mois au gouvernement.

Il faut dire qu’il n’est pas le seul cadre tchadien travaillant dans un organisme international, ramené par le sultan ; c’est une habitude de ce dernier d’exfiltrer tous les tchadiens qui travaillent ou qui ont été recrutés à l’extérieur du Tchad sans son aval, mais on sait que le seul individu pour qui Deby se démène pour le caser dans les organismes internationaux est son propre neveu, le futur gouverneur de la BEAC.

Par ailleurs, on a constaté dans ce processus électoral des énormes ratés que les compatriotes activistes des réseaux sociaux n’ont pas signalés au passage. Il faudrait se rappeler que le Sultan avait suggéré deux thèmes très importants lors de sa première sortie pour la campagne électorale, à savoir le fédéralisme et la limitation des mandants qui ont disparu de son discours d’investiture. D’ailleurs, selon les mauvaises langues, la défection du député fédéraliste de BBDJA serait dû à la récupération de ce thème par Mr Deby, parce qu’il n’aurait rien à dire !

Le second raté concerne naturellement la place de la femme et de la jeunesse dans le dispositif du nouveau mandant, or à l’annonce des nouveaux membres gouvernements, la place réservée aux uns et aux autres est aléatoire.  Que reste-il alors  des promesses du candidat Deby si au commencement c’est la désillusion ?

Beremadji Félix
N’djaména – Tchad

 


Commentaires sur facebook

1 commentaire

  1. zakaria haroune

    le Petit frère du ministre des affaires étrangères était DG BSIC Mali , après 4 ans comme DG Bsic Niger et mon avis ne chômait pas au cabinet . vous vous êtes largement trompé Mr l’analyste .