Dossier des militaires disparus

Une farce et une mise en scène inacceptables dont la justice est totalement complice. Qui ne sait pas à N’djaména et au Tchad en général que plus de 60 militaires des différents corps, ayant voté pour un autre candidat que celui de MPS, ont été nuitamment arrêtés, torturés et extradés la même nuit vers l’extrême nord, en particulier à Wour. Si la disparition avait été signalée dès les premiers jours, la version authentique des faits a été relatée par 3 d’entre eux ayant pu s’échapper au cours de route et regagner N’djaména ; ces 3 ont été d’abord accueillis par une association des droits de l’homme avant d’être remis au représentant de l’UE et Amnesty international. Ce n’était pas la divulgation de l’information par la presse qui a fait paniquer le régime mais c’est plutôt la fuite de ces 3 éléments. Dès lors le pouvoir avait mobilisé tous les services de l’Etat et avait concocté toute une stratégie pour noyauter l’affaire au su et au vu de l’opinion publique. Et d’ailleurs dans ce cas précis on se demande du silence complice des chancelleries occidentales qui ont bien suivi cette affaire de bout en bout.
Faut-il le rappeler qu’une partie des militaires avait été rapatriée à N’djamena, reconditionnée à coups d’argent et des grades avec instructions fermes de boucler avec mention « toute déclaration contraire à ce qui a été décidé ici sera considérée comme trahison envers le chef suprême des armées », les familles de tous les militaires supposés disparus ont été visités une à une, d’abord par les agents de l’ANS, puis par les différents ministres concernés, cette fois-ci avec des enveloppes.

Le pouvoir a déployé d’énormes efforts financiers, humains et communicationnels pour mettre une omerta en béton sur cette affaire.

Personne ne saura la vérité sur cette affaire : le nombre des déportés, des disparus, des morts, personne ne saura rien sous ce régime. Malgré la solennité du communiqué du procureur, malgré une phraséologie qui a l’apparence de faire le compte rendu d’une vraie enquête qui est en réalité, fausse, plate et simulée.

Le procureur qui est un agent nommé par le pouvoir et au service exclusif de ce dernier ne pourrait plus convaincre.

L’affaire des militaires disparue est close pour le pouvoir mais ne le sera jamais pour les familles et les militants des droits de l’homme, jusqu’à ce que la vérité éclate au grand jour.

Mahamat Ahmat
Ndjamena, Tchad


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