Les Brèves de N’djaména – ExxonMobile et N’djaména, à couteaux tirés !

Le tribunal de grande instance de N’djaména vient de condamner ExxonMobile à verser les dédommagements à la hauteur de 44 mille milliards de FCFA à l’Etat Tchadien dans le contentieux qui les oppose. Selon des sources concordantes, c’est un conflit qui aurait été créé de toutes pièces par le directeur des douanes qui aurait promis à Deby de faire rentrer beaucoup d’argent en effectuant des redressements fiscaux tout azimut! L’énormité du montant (44.000.000.000.000) [lire 44.000 milliards] de CFA est à la mesure de l’appétit pantagruélique en argent de ceux nous gouvernent.

Dans la convention pétrolière de 1988, renégociée en 1997, les tribunaux tchadiens n’ont aucune compétence pour régler tout différend relatif à l’exécution de cette convention, seul le tribunal international commercial de Paris est compétent en la matière.

La décision du tribunal tchadien est donc nul et de nul effet et aura à l’inverse des conséquences fâcheuses pour la crédibilité, largement entamée du Tchad vis à vis des institutions internationales publiques et des investisseurs privés. C’est aussi une manière de faire prolonger le calvaire des pauvres citoyens en leur donnant des faux espoirs de survie, étant entendu qu’aucun centime ne sera récupéré de cette sentence de bluffs. Au contraire elle entachera davantage la crédibilité de l’administration du pays où le premier se comporte comme un berger au milieu de son troupeau sans se soucier du poids de la parole donnée et les textes signés au nom de la République. Déjà la violation du contrat sur la gestion des revenus pétroliers reste une tache noire indélébile sur le nom du Tchad. Ainsi la présente décision corrobore cet état d’esprit :

  • la justice tchadienne est aux ordres directs et personnels de Deby, elle exécute et traduit sur les faits la volonté du monarque : arrestations, condamnations, exécutions « judiciaires » des condamnés, tout vient directement de lui;
  • le pouvoir de N’djaména ne respecte pas les conventions et contrats signés avec les tiers, que ce soit avec les institutions internationales publiques ou des investiteures privés. Le Sultan, qui est à la tête du Pays depuis 26 ans passés, n’arrive pas à cerner la force des textes approuvés au nom du pays et l’obligation de s’y assujettir. Sauf si les effets de ses errements lui sautent à la figure comme un boomerang, alors à ce moment le Général panique comme un enfant pris en flagrant délit et abandonne illico ce qui lui revient même de droit ; dommage ce serait trop tard pour le pays.

Le Tchad sous Deby apparaît ainsi aux yeux de la communauté internationale comme un Etat délinquant et voyou.

Beremadji Félix
N’djaména – Tchad


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2 Commentaires

  1. Abou Harba

    Merci pour une autre éclairante présentation de la situation créée récemment par les tenants du « S’en-Fout-Les-Normes » agrémentée d’excellentes réflexions sur l’image pitoyable que notre voyou de régime projète du Tchad. Relevons en passant l’ironie du sort de voir le chouchou de ces multinationales et des forces invisibles mais bien présentes derrière elles se livrer à un comportement aussi démesuré qu’inattendu, en rupture totale avec l’obséquieuse soumission de son comportement habituel à leur égard. Attendons de voir de quelle manière le petit récalcitrant sera remis à sa place (gageons toutefois qu’on le menagera pour cette première « audace » – parce qu’il incarne encore trop bien le profile du « dictateur utile », une espèce en voie de disparition – pour activer contre lui le scénario CPI !)…