Idriss Deby, une honte et un désastre

Idriss Deby est le président tchadien qui est resté le plus longtemps au pouvoir. Il est celui qui a le plus bénéficié d’une sympathie enthousiaste lors de son arrivée, parce qu’il avait débarrassé le pays d’une dictature féroce. Il est le président tchadien qui a bénéficié de la plus belle embellie financière et d’une grande stabilité politique. Il est aussi et malheureusement celui qui a conduit le pays à une situation socio-économique et politique la plus désastreuse.

Il est désormais connu pour être le plus piètre de tous ses prédécesseurs en matière de gestion politique, économique et sociale. Aujourd’hui, le Tchad est un Etat en faillite. Même pendant la triste période de guerre civile, de 1979 à1982, où certains observateurs étrangers avaient parlé de « Tchad Etat néant», le pays n’a jamais atteint un tel degré de désagrégation institutionnelle et de dépravation. Il faudra certainement beaucoup de temps et d’énergie pour remettre le pays sur pieds, tant les administrations civile et militaire sont corrompues. On se heurtera à l’analphabétisme, à la promotion de l’incompétence, au népotisme et à la corruption.

Dans sa région natale, il a détruit la notion de famille et versé le sang familial comme ne l’a fait aucun de ses prédécesseurs. Un lien familial n’existe pour lui que pour assouvir ses propres desseins. Ce sont des liens mercantiles qui prédominent ses relations avec autrui. Dans notre pays, le Tchad, les relations de famille sont sacrées et les relations entre individus bien codifiés en fonction des degrés de parenté et d’alliances. Eh bien, Deby a sacrifié tout cela ; Deby aura été celui qui a de manière radicale les us et coutumes du pays. Par exemple à Tiné, lors d’un de ses déplacements, il avait exhorté sans pudeur, ni retenue, des jeunes filles à se prostituer avec ses propres jeunes et beaux gardes de corps. Ce comportement choquant a marqué de manière indélébile la mémoire collective des habitants de la région.

Malgré l’air qu’il se donne, Deby est un homme sans grande personnalité, prêt à tout brader pour préserver ses intérêts personnels. Il sait utiliser la ruse pour s’attirer la bonne grâce des puissances étrangères tant françaises que libyennes. Par exemple Kadhafi, parlant de lui, disait lors d’un sommet des Chefs d’Etat: «il suffit qu’Idriss regarde mon visage pour lire mes pensées profondes et les défendre farouchement en les traduisant dans les faits». De même, dans la sinistre affaire de l’Arche de Zoé, Deby a su plaire à Sarkozy, en intervenant auprès de la justice tchadienne, pour condamner ces délinquants, afin de pouvoir les amnistier comme le voulait le Président français.

Comment prétendre au XXI è siècle, rester 26 ans au pouvoir, sans permettre l’alternance démocratique sans jamais soi-même avoir été élu démocratiquement, ne serait-ce qu’une seule fois ?

Comment prétendre être un dirigeant honnête et utiliser des prisons secrètes, pour y enfermer et faire disparaître, des années durant, des citoyens innocents sans aucune forme de procès, juste par la seule volonté d’un dictateur ?

Comment prétendre faire du Tchad un pays émergent et dilapider en un laps de temps tous les revenus pétroliers ?

Dans tous les cas, les Tchadiens retiendront de Deby que c’est l’homme qui a transformé la présidence en un harem familial, ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’a eu l’indécence de faire ! Peu de Tchadiens se souviennent des noms des 1èmes Dames des anciens Présidents. Les Grands hommes ne font jamais l’amalgame entre leurs vies publique et privée. Le comportement de Deby est typique de petits individus.

Le peuple tchadien retiendra aussi que Deby a été le seul Chef d’Etat qui a impliqué toute sa famille dans le pillage systematique des ressources du pays, en les nommant à tous les postes de responsabilité, en les associant à tous ses crimes économiques, politiques et de sang.

Dans ce Tchad où tous les paramètres socio-économiques et politiques sont au rouge, où la misère et la désolation s’affichent ostensiblement sur les visages du rural et du citadin, seules les femmes du harem de Deby, ses courtisanes et ses affidés circulent dans les grosses cylindrées.

Dans ce Tchad de misère, on est choqué plus que choqué de voir les membres de la famille du dictateur organiser des soirées où ils se concurrencent en inondant les chanteurs, les chanteuses et les danseuses avec des billets de banque, en euro ou en dollars, jusqu’à ce que le sol en soit entièrement recouvert. Pendant qu’à la porte d’en face, on meurt de faim.

Deby laissera le souvenir du seul président tchadien qui a vendu son armée pour s’en mettre plein les poches. Contre des espèces sonnantes et trébuchantes, il a envoyé mourir les militaires tchadiens dans toutes les sales guerres: Togo, Congo, Zaïre, RCA, Soudan, Libye, Mali, Arabie saoudite, Cameroun, Niger, Nigeria. Les familles de ceux qui y sont morts n’ont que leurs yeux pour pleurer.

Un journaliste américain, disait, en parlant des frasques d’alcôve et sexistes du candidat républicain américain, que si cela a été dit ou fait par Obama, on dira certainement que c’est parce qu’il est noir mais personne ne dira que le candidat républicain dit cela parce qu’il est blanc.

Deby est une honte pour sa famille et sa communauté. Il est une catastrophe pour tous les Tchadiens.

Mahamat Ahmat
N’djaména – Tchad


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2 Commentaires

  1. moi g ne comprend pas bcp de tou ca c bcp politik mai a propos de liens des famille etait vraiment sacre au tchad mai aujoud hui c l interet tt l monde es devenue al bela et plus particulieurement dar zagawa jamais redevenir comme avant et a ce qui concerne ls militaire g s8 dacord aussi avc l auteur ls decede et ls blesse a lexterieur du pas n ont rien gagner ni leur famille mme les vivants travaller dans les mission des nation unies depuis 2014 n ont pas ete payer jusk nos jours ALLAH is THE GREATEST

    • Wardougou

      Qu’il s’appelle Mahamat Ahmat ou Beremadji, l’auteur de cette attaque au vitriol comme celles de bien d’autres avant celle-là, a manifestement fait le serment de faire le bashing du Président Déby, le restant de sa vie. Somme toute, bien que ses écrits soient émaillés des contre vérités et une malignité maladive, nous respectons néanmoins son droit à l’expression derrière ces pseudonymes; lesquels en vérité n’ont désormais plus de secret pour un certain nombre de personnes.

      De fait, ce qu’il y a d’inadmissible et de répugnant dans ce torrent d’outrages, ce que leur auteur n’est autre qu’un proche à Deby, qui fût par ailleurs successivement son Directeur de Cabinet et chargé du dossier de l’exploitation du pétrole de Doba. Et à ce sujet, de tous ses travers en cette dernière qualité, celui qui tranche avec ses postures affectées d’aujourd’hui, ce que ce Monsieur est bien celui qui accordé au consortium pétrolier en 1999, 500 millions de dollars sous formes de déduction d’impôt pour des charges fictives, en échange de 24 millions de dollars de bonus pétroliers. Cet arrangement est conclu au terme d’un pacte de corruption appelé par euphémisme, « protocole d’accord confidentiel ». Le dénouement de cette affaire en 2006, a fait entré au trésor public, la bagatelle de 146 milliards de Francs CFA. Pour ceux qui s’en souviennent encore, il s’agit de l’argent à l’origine du scandale des ressources du pétrole ayant servi à l’achat des hélicoptères militaires à l’époque.
      Bien plus, c’est encore cet individu et sa bande en 2008, qui se sont coalisés avec le tristement célèbre Guihini Koreï de la DDS pour attaquer le Tchad depuis le Soudan voisin. Rappelons qu’en 1989 lorsqu’Idriss Deby et ses compagnons ont fuit la dictature de Habré, l’auteur de cet article, militant zélé de l’UNIR en son temps, et ses frères étaient les seuls à être épargnés de la répression sanglante d’Hissein, sur les cadres de Bilié. J’ai garde toujours en mémoire le souvenir des enfants de 10 ans encore à l’école primaire qui ont péri dans les geôles de la DDS, dont le seul crime était leur lien de parenté avec la famille ITNO. Cela étant, le Président n’est pas exempte de tout reproche, loin s’en faut. Mais le saura t-on l’être lorsqu’on a dirigé un pays comme le Tchad durant 26 ans comme il l’a fait? Seulement, les critiques, même bonnes sont davantage recevables lorsque faites par des personnes honorables. Wardougou