Les Brèves de N’djaména : Négociations de Tripoli

Deby/Mahamat Nour – A quels jeux ces deux là jouent-ils, au détriment des populations du Dar Tama ? Il se raconte beaucoup de «les on-dits » à N’djaména par rapport aux relations soi-disant tendues entre Deby et Mahamat Nour. Contrairement à ce que certains lecteurs prennent comme du matraquage anti Tama ou anti Mahamat Nour, ce qui n’est pas bien sûr la même chose, selon ce que nous avons entendu ou vu, Deby n’a jamais surestimé les capacités de nuisance de Mahamat Nour.

C’est Mahamat Nour lui-même et la rue qui spéculent sur la capacité de Mahamat de « faire quelque chose ». Deby a dit à son entourage dès le début de « laisser Mahamat Nour avec ses illusions, il va se désillusionner tout seul ». Et en réalité c’est ce qui arrive. Deby n’aurait jamais laissé Mahamat Nour partir en mission à l’est s’il doutait de Mahamat Nour un seul instant quelle que soit sa capacité de faire quelque chose. Mahamat Nour a demandé de faire une mission à l’est, Deby l’a accordé immédiatement, alors que tout l’entourage de Deby s’y opposait. Mahamat Nour a eu la ferme intention de fuguer, mais une fois arrivé sur place, il s’est rendu compte de la réalité. Le terrain est entièrement miné. D’abord Mahamat Nour est peut être populaire à N’djaména, mais au-delà du Pont Bélilé, il n’a aucun crédit. Dans l’est, tous ses éléments sont quasiment encerclés et désarmés. Quant à partir d’Abéché, il a demandé à ses éléments de le rejoindre à Guéréda, personne n’a fait le déplacement, seuls quelques rares fugitifs ont pu aller à Guéréda et même ceux-là ont été rapidement encerclé par le Commandant de la Région. Mahamat Nour a demandé à ce que Sougour Kirni évacue la ville de Guéréda, mais ce dernier occupe toujours la ville.
La région de Dar Tama est à feu et à sang. Mahamat Nour a partagé les armes à tous les Tama, Deby à tous les gorane et zaghawa ; pire, ces derniers bénéficient d’un appui non dissimulé des militaires de Deby. Mahamat Nour est persona non grata au Soudan, « la seule fenêtre », il est persona non grata chez les différents groupes des rebelles qu’il les a trahis un à un. Le seul salut de Mahamat Nour est de demeurer sans broncher et ni fanfaronnades, le ministre de Deby. Ceci lui a été clairement signifié par le Guide par l’intermédiaire de son Cabinet. Au cours d’une longue conversation téléphonique avec un proche du Guide, à partir d’Abéché, ce dernier a carrément sommé Mahamat Nour de repartir à Ndjamena et mettre à la disposition du Gouvernement ses éléments. C’est ce qui sera fait.

Négociations de Tripoli – Les « négociations » entre le Gouvernement et la rébellion armée continuent depuis plus de trois mois à Tripoli. En réalité, il n’y a jamais eu des vraies négociations entre les deux parties. Depuis les débuts, les négociations ont lieu entre Deby et Kadhafi. Le Guide veut remettre les rebelles mains et pieds liés à Deby, mais ce dernier n’en veut pas et ne veut rien savoir. Les rebelles avaient remis un premier document, assez ambitieux dont le Guide trouvait négociable, mais face à l’intransigeance de son poulain, il a été demandé aux rebelles de revoir en baisse leur exigence, ce qui a été fait ; mais malgré cela IDI ne veut rien entendre. Kadhafi tient à ce que les rebelles rallient Deby pour couper net aux démarches de Bongo – Sarkozy et sauver ainsi son honneur de faiseur unique de paix en Afrique, mais son poulain ne lui donne pas l’occasion. Fort de l’accord signé avec la cdpc et l’arrivée très prochaine de la force européenne, Deby ne veut rien savoir. Le Guide est contrarié. Déjà avec Mahamat Nour, il y a des problèmes, en plus les rebelles centrafricains sont obligés de revenir à Tripoli pour signifier qu’aucun des points de l’accord, supervisé par le Guide et Deby, n’a été réalisé, alors quelle sera la valeur d’un nième accord avec Deby ? Mais malgré la forte pression qu’exerce le Guide sur le Soudan qui, à son tour la répercute sur les rebelles, la rébellion, au moins une bonne partie, n’est pas dupe de cette mascarade, mais il faut aller jusqu’au bout de la logique des médiateurs.

Après avoir rappelé Ahmat Bachir et laisser au repos forcé sans instruction apparente, le Médiateur National, Deby vient de dépêcher Younousmi accompagné de Mahamat Nour qui a été rappelé de l’est où il ne savait que faire et pour lui sauver la face. Dans la valise de Younousmi, une concession de taille de Deby : il ne traite plus les rebelles des mercenaires. Mais pour autant, il ne les veut pas à N’djaména.

Beremadji Félix
N’djaména


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