Les Brèves de N’djaména : Le fonds de guerre de Deby

Deby prépare la guerre et il en a les moyens et il en use sans retenue. Depuis quelques temps les rares habitués du Palais ont remarqué qu’il y’a quelque chose qui se trame mais ne savent pas de quoi il s’agit exactement à commencer par les principaux concernés à savoir les militaires. Cependant, la mobilisation et le déploiement des troupes dans des zones jugées stratégiques créent une situation de panique et d’interrogations surtout s’il est suivi dans les faits par des actes qui rappellent des moments de guerre larvée :

  • Au début du mois, le Sultan avait procédé au retrait de toute son armée opérant au Niger et dans la zone du Lac-Tchad pour la rassembler à Mao ; au même moment une équipe des mécaniciens et des techniciens est dépêchée au Mali pour une révision et de réparation de tous les engins sur cale depuis deux ans, prélude à un éventuel retrait selon l’entourage du Général.
  • Création de 3 zones opérationnelles à l’extrême nord (Bardai-Tanoua-Ounianga) constituant ainsi une première ligne de défense ; suivie par une seconde ligne de défense qui débute à partir de Mao jusqu’à Am-Timan.
  • Concomitamment à cette mise en place et à l’arrivée des véhicules blindés fournis par les USA, l’arrivée d’une dizaine de gros porteurs chargés uniquement de pains de guerre. Après avoir passé 48h dans les locaux d’EMB, ces chargements ont été conduits à Mao qui devient pour le moment le principal centre de concentration de l’armée du Sultan.
  • Renforcement de la sécurité autour de la Présidence par des blindés lourds retirés des contingents d’Amdjaress.
  • Règlement de la quasi-totalité des arriérés de salaires des militaires y compris les différentes indemnités adjacentes.

À quoi riment ces tohu-bohus ? Personne n’en sait d’autant plus que le climat à la présidence est à la morosité et à la frilosité. Le Général n’est pas dans des bonnes prédispositions pour s’ouvrir à ses proches. Il vocifère à tout vent, insulte et menace ; la crise l’a rendu hargneux et pense sérieusement que c’est la faute des autres. Tout le monde est complice ; tout le monde est incompétent et tout le monde est voleur, sauf bien entendu son épouse son seul soutien qui a été victime du complot de ses parents pour l’éloigner de lui (sic).

Cette agitation frileuse est couverte de secret d’état, ni le Premier Ministre, moins encore le Ministre Délégué ne sont tenus au courant. Le sultan communique directement par Thuruya avec les chefs d’unité. L’information ne filtre ni horizontalement ni verticalement. Toutefois, le Général a reçu séparément deux de ses plus proches au retour du Cameroun, chacun est sorti avec une version différente de l’autre.

Au 1er reçu, il a été question d’envoyer des troupes à la demande de nos amis – entendez européens – à Benghazi pour soutenir le Général HAFTAR aux fins d’éradiquer le fléau islamiste de la racine. Quand l’officier a timidement osé demander « y a t-il un mandat de l’Onu ou de l’UA ? » Il a failli ramasser un cendrier à la figure.

Au second, il lui a dit tout simplement « les goranes arrivent. Il faudrait prendre toutes les dispositions pour qu’ils ne traversent pas en deçà du BET ». Personne n’est dupe, cette toison qu’il agite comme un épouvantail pour galvaniser sur des bases tribales ses parents contre une autre communauté ne tient plus maintenant, pas plus qu’un éventuel déferlement des islamistes de la Libye vers le Tchad. Ce sont des chimères fantasmagoriques qu’il agite constamment pour faire croire aux occidentaux.

Or le Général et ses sponsors qui lui font monter la tête en insinuant des qualités militaires hors pair savent plus que quiconque que les islamistes du Maghreb n’ont jamais osé traverser le Sahara pour se rendre au Tchad ou au Niger. Les seuls islamistes connus dans cette sous-région est une création in situ dont toute l’opinion connaît d’où est partie la racine du mal. Par conte la zone d’opération des autres groupes se situe au Maghreb occidental et leur hinterland, le Mali.

Par ailleurs on a remarqué que toute cette mobilisation grandiloquente d’hommes et des matériels est soutenue par une intendance sans faille. Alors, les abonnés de la cour du roi n’avaient-ils pas toujours insinué que le Pays n’a plus les moyens pour payer les salaires des fonctionnaires, faire marcher l’administration ou même payer les prêts ? En revanche soit pour faire la guerre ou organiser la tragi-comédie des élections, il y a toujours les moyens : oui, Les grottes d’Amdjeress et les conteneurs du Palais regorgent en effet de l’argent public détourné. Qui a dit qu’il n’y a pas d’argent au Tchad ?

Beremadji Félix
N’djaména – Tchad


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1 commentaire

  1. Il nous faut un nouveau gouvernement si deby voudrait gagner la confiance de ses peuples

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