L’assassinat des hommes politiques tchadiens : La France complice

Ibni Oumar et Yorongar Le Député Yorongar Ngarlédji et M. Ibni Oumar Mahamat Saleh, ainsi que d’autres personnes non encore identifiées ont été assassinés dès les premières heures de leur arrestation. Les trois corps rejetés par le Chari et retrouvés dans le creux d’en face du Ministère de la Défense tchadienne, seraient probablement les leurs. Ils ont certainement ensuite été enterrés dans les différentes fosses communes.

Selon des confidences concordantes qui circulent en ce moment dans le milieu des militaires proches de Deby, l’opération a été coordonnée par Deby en personne, il était donc en permanence en contact direct avec tous les groupes chargés d’arrêter les hommes politiques ; chaque fois que l’un de ces hommes est arrêté, il est immédiatement informé et c’est lui-même qui indique où il faut l’emmener et de ce qu’il faut en faire. Les méthodes actuellement utilisées par le gouvernement, sur instruction de Deby, sont tout simplement celles de l’ancienne DDS. On fait circuler des rumeurs, que tel a été vu là, que tel autre se trouverait à tel endroit…. Le temps de créer la confusion dans l’esprit de des proches parents, de leurs militants et des tchadiens. C’est aussi le temps donné aux différentes missions ministérielles pour essayer de convaincre leurs interlocuteurs. Alors il serait temps de tirer des conclusions, car Yoro et Ibni ne sont pas ce genre d’individus qui peuvent passer inaperçus dans cette petite ville de N’Djamena. Et puis, vivants, ils se seraient présentés à leur famille et auraient fait des déclarations aux médias. Dans cette triste épopée de Deby, Lol n’a échappé que par coup de chance. Comme les tchadiens ont l’habitude de dire : Ses jours sont devant lui !

Ainsi, Deby a assassiné Yoro et Ibni ; deux des plus illustres hommes politiques tchadiens, deux grands cadres du pays, deux intellectuels. Dans leur parcours politique, les deux ont eu à collaborer avec Deby, ils ont découvert l’homme, ses méthodes et ont définitivement coupé avec lui et choisi la voie des urnes pour chasser l’homme. Yoro et Ibni, ont des personnalités très différentes, il en est de même pour leur parcours politique, mais ils sont probablement parmi les rares tchadiens à refuser tout compromis et compromission avec Deby, à refuser les dictats de la françafrique ; les deux croient fermement à l’alternance politique par la voix des urnes. Bien que les deux aient des nombreux amis et parents dans les différents groupes armés opposés à Deby, ils ont refusé de faire l’apologie de la lutte armée, tout en respectant le choix des autres.

Deby qui a des multiples complexes d’infériorité vis-à-vis des cadres et les intellectuels du pays, a toujours eu une rancœur tenace vis-à-vis de ceux qui lui tiennent tête. Incapable de soutenir un débat contradictoire, toujours en manque d’arguments et d’argumentation, seul la violence et l’achat des consciences sont ses moyens de prédilection. Toute opposition politique, verbale et même comportementale à lui est considérée comme un affront personnel et se lave dans le sang et ne regrette jamais ses forfaits. Aujourd’hui, il n’a aucun regret de la disparition de Yoro, Ibni et des autres, selon ses proches il est tout simplement agacé qu’on en parle trop ! Il en est ainsi durant tout son règne à la tête du pays.

Hommes du sud et du nord, chrétien et musulman, Yoro et Ibni symbolisent les deux faces du Tchad ; en les assassinant, Deby a définitivement assassiné la démocratie au Tchad.

Les tchadiens attendent sans grand espoir la réaction de la communauté internationale, particulièrement de l’UE et des USA. Ceux là même qui ont condamné la prise du pouvoir par les armes, qui ont soutenu Deby et qui s’apprêtent à le soutenir d’avantage avec le déploiement de l’Eufor. Comment l’UE va regarder les tchadiens, en parlant de la démocratie et de l’alternance sous Deby ? Quant à la France, il n’y a plus de mots pour la qualifier, il faut tout simplement se soulever contre elle.

Mahamat Ahamat
N’djaména


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