Une complicité à tous les niveaux

Le commando, qui a assassiné les prisonniers en transfèrement, avait bénéficié des complicités aux différents niveaux de la chaine judiciaire : d’abord au niveau du parquet où il a été su à quel moment, avec quelle escorte, les prisonniers seront convoyés ; et puis au niveau de la prison où seuls les proches du Colonel Souleyman (meurtrier d’Adam Souleymane « Touba »), ont été enchainés, menottés et habillés en militaires, pour les distinguer de la centaine des autres prisonniers en partance pour Korotoro ; et enfin, au niveau de l’escorte où dès le premier coup de feu tous les militaires avaient détalé comme des lapins, seul un, apparemment non complice, a résisté et a été abattu.

Le forfait connu, toutes les lumières ont été braqué sur le Gal commandant du groupement N°1 de la DGSII, frère du feu Adam Souleymane « Touba » et il fut mis aux arrêts. Ceci a poussé ses frères, les auteurs du crime, à se rendre. Sur une vingtaine des membres du commando, seuls 4 se sont rendus.

Les tchadiens ont été énormément choqués, et à juste raison d’ailleurs, du comportement hautin, insolent, narquois et dédaigneux des membres du commando mis aux arrêts. D’abord au Tchad ou partout ailleurs dans les cultures africaines, on n’élimine pas 10 individus pour venger une personne quels que soient sa stature et son rang dans la société ; ensuite on ne tue pas un être humain et se présenter devant les caméras en rigolant ! Mais c’est oublié que c’est un groupe des personnes tellement proche du sultan, tellement au dessus de la loi et des tchadiens, qu’il s’étonne que les tchadiens soient choqués de leur forfait, alors qu’il vient d’accomplir un « exploit glorieux». Les assassins savent qu’il ne leur arrivera absolument rien de grave. RIEN ! C’est aussi oublier que le groupe est composé exclusivement des individus de naissance, d’éducation et de culture soudanaises, récupérés par le sultan sur des bases parentales, et pour qui le Tchad est un butin de guerre.

Dès que la nouvelle du carnage sue, le sultan, depuis Amdjeress serait monté sur ses ergots et aurait annoncé son arrivée immédiate pour prendre les choses en main. Par contre, on apprend qu’il est en train de se balader en chameaux d’un oued à un autre et se faire filmer avec des grands sourires en train de préparer la bouillie des bergers, ce qui n’a aucune signification culturelle sociétale, sinon une insouciance éhontée face aux massacres de son peuple.

Aux dernières nouvelles, on apprend que Mr Deby était arrivé à Ndjamena juste pour assister aux funérailles de son beau père – le Chef de Canton d’Annakaza- et repartir à Amdjeress comme si rien ne s’était passé. Même pas un regard consolateur en direction des parents des victimes. Juste, signer quelques décrets de nomination des chefs de canton !!

Cette attitude du sultan pourrait être interprétée de deux façons : soit le Tchad est en pilotage automatique, pas de pilote dans l’avion ; soit le sultan, oncle direct du feu Adam Souleymane « Touba », est complice du forfait de ses neveux. Dans les deux cas, les tchadiens sont franchement interpelés.

Quant au sort de ces malfrats, le pire qui pourrait leur arriver, c’est de se faire éloigner de la DGSIIE, donc de l’entourage immédiate du sultan, après les avoir fait évader pendant leur transfèrement à Koro Toro et être affectés dans les régions frontalières de l’est, soit à la tête des régions militaires ou responsables de l’ANS.

Circulez, il n’y rien à dire !

Mahamat Ahmat
N’djaména – Tchad


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1 commentaire

  1. les tchadiens sont des déjà qui ont été abandonné; et d’ailleurs même des orphelins donc ils y auraient des raisons pour qu’ils vivent de cette manière.

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