Les Brèves de N’djaména : Mensonges et manipulations au sommet de l’État

Le massacre des prisonniers sur la route de Massaguet n’a pas fini de nous dévoiler tous ses secrets.  Non pas seulement les plus hautes autorités de l’Etat qui ont servi de soubassement à cette opération ont menti à l’opinion publique, mais c’est autour de la 1ère Dame de ne rater aucune occasion si macabre soit-elle pour avancer ses pions et se positionner en conséquence. En effet, la suspension de deux responsables de la Gendarmerie et celui de la DGSSIE ne répond qu’à ce dessein. Il est de notoriété publique que le DG/ DGSSIE était longtemps dans la mire de la 1ère Dame ; c’était en fait le seul élément perturbateur qui manquait à son schéma. Malheureusement pour Mme Hinda le problème à été toujours posé – simple coïncidence – à des moments de lucidité de son sénile de mari qui a eu à s’opposer régulièrement à cette initiative.

Coup de maître, en faveur des douloureux évènements que vient de vivre la nation, on sanctionne les deux responsables qui sont en réalité très distants de cette opération. Encore une fois, on a tapé à côté pour régler des problèmes personnels.

Le seul tort de Mahamat Kaka Deby est d’avoir comme commandant du 1er groupement, le cerveau de l’opération meurtrière, lequel cerveau  a été arrêté très tôt le lendemain de l’opération sur instruction du Sultan depuis Amdjeress, c’est aussi une énigme !!!  Son arrestation a obligé ses frères et ses neveux qui l’ont accompagné au carnage de se substituer à sa place le disculpant  sans autre forme. Ce Général, très proche de la 1ère, conserve solidement son poste.

Pour revenir à la gestion de l’affaire, on ne se lassera pas de se poser la question de savoir pourquoi les autorités judiciaires,  à commencer par le premier  tambourineur (le Ministre de justice), ont couvert l’opération par leur mensonge et par leur manipulation ? D’autant plus que Les prisonniers assassinés n’ont jamais été présentés à un juge, donc pas condamnés ; ils étaient entre les mains de la Direction des renseignements militaires (DRM) et c’était cette même direction qui les convoyait à Korotoro où 99% des prisonniers ne sont d’ailleurs pas condamnés. S’il y a un responsable, c’est bien le ministère de la défense avec ses services. Car on apprend que le directeur de la DRM avait fait une fiche au Ministère de la défense pour lui suggérer de transférer les prisonniers par hélicoptère et comme il n’a reçu aucune suite, il a préféré les envoyer par convoi terrestre. Les niaiseries du procureur et du ministre de la justice sont tout simplement des balivernes  pour amuser la galerie ; on se demande même pourquoi tous les deux ont endossé la responsabilité de l’opération alors qu’ils n’y sont pour rien, déroutant ainsi les analystes. C’était probablement sur pression du palais ! Toute l’opération serait montée de bout en bout par la DRM et dirigée par le fils de la sœur du sultan qui est  cousin direct des assassins. Toutes les fuites et mises en scène seraient ainsi parties de cette direction. De là, dire que l’opération a été téléguidée depuis Amdjeress, il n’y a qu’un tout petit pas que d’aucuns n’hésiteraient pas à franchir, surtout vu le silence insupportable du sultan sur le sujet.

Quant au DG de la gendarmerie, il n’est  ni au courant ni responsable de quoi que ce soit. Il serait victime des colportages des milieux Béris. Depuis l’assassinat des prisonniers, il se murmure dans le milieu Béri, très choqué par l’évènement, que les deux familles, celle des assassins et celle du DG de la gendarmerie, sont au-dessus de tout le monde, intouchables et peuvent se permettre de tout et de n’importe quoi. En limogeant le DG de la gendarmerie, Deby veut montrer tout simplement que personne n’est au dessus de lui. Or, il a sacrifié inutilement un fidèle des fidèles; l’un des rares qui a survécu à  ses sottes humeurs et qui est à son service depuis 1982.

Correspondance particulière
N’djaména -Tchad


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