Un commerce insolite !

Anes1Pour toute personne qui vit dans les provinces en général et tchadiennes en particulier, il peut rapidement se rendre compte du rôle inestimable que joue l’âne dans la vie de tous les jours.  C’est sur dos d’âne que les paysans vont chercher l’eau, parfois loin, très loin. C’est sur d’âne que cette même eau est vendue dans certaines agglomérations. C’est toujours sur dos d’âne que le bois de chauffe est transporté à la maison. C’est aussi le moyen de transport privilégié pour les femmes et les enfants qui se rendent dans les marchés hebdomadaires des environs. La liste est tellement longue qu’il faut s’arrêter là sur les services combien importants rendus par cet équidé.

Il y a quelques temps le Gouvernement Nigérien a pris une mesure draconienne en interdisant le commerce des ânes. Il se trouve que le prix de l’âne a brusquement bondit en passant de 15 000 FCFA à 100 000 FCFA. Du coup les paysans nigériens pour qui l’âne est essentiel pour leur survie s’en ont plaint et leur Gouvernement a promptement réagi et la situation est redevenue normale.

Il semblerait qu’un pays asiatique a découvert beaucoup d’intérêts pour l’âne : sa viande est mangée dans ce pays. Pour moins de 25 000 FCFA, on a une quantité de viande presque deux fois plus que celle d’un mouton qui coute deux fois plus cher. Les sacs des dames et d’autres objets fabriqués en peau d’âne est tendance dans ce pays. Seuls les éléments de la «Jetset» peuvent se les procurer. Les os et autres composantes de l’animal ont tous trouvés des créneaux de vente très juteux. L’âne que le petit Tchadien méprise tant est brusquement devenu dans ce pays asiatique lointain un animal en or qui rapporte beaucoup d’argent. Il semblerait qu’au Nigérian voisin l’animal est déjà exterminé. N’eut été la vigoureuse réaction du Gouvernement Nigérien, il aurait subi le même sort dans ce pays.

Le pays asiatique exterminateur des ânes a jeté son dévolu sur le Tchad, pour ne pas dire sur les ânes Tchadiens qui n’ont aucun Gouvernement pour les défendre. Un réseau criminel et mafieux (redondance oblige) composé des éléments de la nomenklatura tchadienne très haut placée et naturellement associé avec les ressortissants de ce pays asiatique friand d’ânes africains se sont mis au commerce de l’âne tchadien.

En voyageant sur la route Ndjamena – Abéché vous y croiserez des ânes tchadiens par milliers allant les abattoirs situés en territoire Nigérian où ils seront mis en pièces et expédiés dans ce pays asiatique lointain !

Ce commerce est-il éthique ?

Ceux qui s’enrichissent en détruisant le cheptel tchadien de ces équidés ont-ils un peu de moral ?

N’est-il pas criminel que de laisser faire cette destruction du patrimoine tchadien ?

Que deviendront les paysans tchadiens lorsque demain il n’y aura plus d’ânes dans le pays ?

Correspondance particulière (Ndjamena)


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