Tchad: l’entourage de M. Yorongar nie sa réapparition annoncée par N’Djamena – Afp

L’entourage de l’opposant tchadien porté disparu Ngarlejy Yorongar a vigoureusement démenti mercredi à l’AFP les propos du ministre tchadien des Affaires étrangères Ahmad Allam-Mi qui a assuré à l’ONU que ce député était vivant et s’apprêtait à s’exprimer à N’Djamena.

« Il n’y a rien de nouveau, les déclarations de M. Allam-Mi, c’est un mensonge. Nous n’avons aucune nouvelle de M. Yorongar« , a déclaré à l’AFP Saleh Djekotar, le chauffeur de l’opposant. « Nous sommes toujours sans nouvelle de lui depuis son enlèvement le 3 février », a-t-il ajouté.

Le chef de la diplomatie tchadienne a affirmé mardi lors d’une visite aux Nations unies à New York qu’il avait reçu lundi des informations selon lesquelles M. Yorongar était « vivant et dans la ville » (N’Djamena).

« Nous l’avons appris de sa soeur et de son chauffeur qui ont parlé à la presse« , avait ajouté M. Allam-Mi.

« Je n’ai fait aucune déclaration à la presse, à l’exception d’un journaliste de l’AFP qui est le seul à être venu me voir« , a précisé M. Djekotar, indiquant que la soeur de M. Yorongar se trouvait depuis le 7 février à Moundou, une ville du sud tchadien.

M. Allam-Mi s’adressait à la presse après avoir informé le Conseil de sécurité de l’ONU de la situation dans son pays à la suite de la tentative ratée de prise du pouvoir à N’Djamena par des rebelles début février.

Selon ses proches et des organisations de défense des droits de l’Homme, le député Yorongar a été arrêté le 3 février, à l’issue de l’offensive rebelle, par l’armée tchadienne. Deux autres opposants, l’ex-président Lol Mahamat Choua et le porte-parole de la principale coalition de l’opposition Ibni Oumar Mahamat Saleh, ont été arrêtés au même moment.

Les autorités ont reconnu détenir Lol Mahamat Choua, initialement porté disparu, et l’ont placé mardi en résidence surveillée à son domicile, tout en précisant que cet ancien chef de l’Etat, qualifié de « prisonnier de guerre », demeurait à la disposition de la justice.

En revanche, le gouvernement tchadien nie toujours avoir arrêté Ibni Oumar Mahamat Saleh, dont on ignore le sort.

Un parent de ce dernier a affirmé une nouvelle fois mercredi à l’AFP qu’il n’avait pas de nouvelles depuis son enlèvement le 3 février.

« Nous n’avons aucune nouvelle, pas de trace, aucun indice. Nous sommes très inquiets« , a expliqué son cousin Moussa Mahamat Saleh.

Le président français Nicolas Sarkozy devait effectuer mercredi une brève visite à N’Djamena. Paris a soutenu militairement et politiquement le président tchadien Idriss Deby Itno lors de l’offensive rebelle, mais avait ensuite émis comme condition à cette visite que la lumière soit faite sur le sort des opposants.


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