Nous l’avions juste énuméré, tel une prophétie cela s’est concrétisé. Oumar Abouna qui avait remplacé Oumar Gadji à peine 2 mois, trouve son scalp sur la table de la 1ère dame Hinda Déby Itno, qu’il dérange indirectement. Il faut le dire, Oumar Abouna est une personne qui ne vous laisse pas indifférent par sa manière à filer du coton moisi, il a ses détracteurs, vicieux et impénitents, mais dans le cadre d’espèce, depuis qu’il fut à la tête de l’inspection générale de l’État (IGE), il a eu à faire un travail de trouvaille, à dénicher les voleurs de la République et à vouloir restaurer les biens volés à l’État. Sauf qu’au Tchad actuel où la mafia et les réseaux des malfaiteurs sont innombrables, personne ne peut y échapper. Dans notre investigation depuis son limogeage, plusieurs hypothèses étaient avancées. Il y a ceux à la présidence qui formule naïvement que le limogeage de Mr Oumar Abouna est dû au fait que le rapport qu’il avait diligenté au ministère de l’Urbanisme était truffé d’incohérence. Alors messieurs, nous sommes dans une république où l’État doit se faire respecter. Avant d’accuser les ex-ministres Dahalob et Houdeingar et les laisser à la vilipende médiatique, soyez sûr des actes que vous posez. Mais ne permettez pas à ceux qui mettent en avant la patrie, de marcher sur des prétendus voleurs de la République alors qu’au fond l’innocence est de mise.

Revenons sur l’autre volet de notre investigation, et là notre attention est toute accaparée par une bouillabaisse des faits, et qui isolent en mettant en avant l’intégrité professionnelle de Mr Oumar Abouna. Comment comprendre que depuis quelques semaines, une enquête de l’IGE compresse des contrôles à la mairie de N’Djamena et révèle plusieurs malversations. Des tracteurs d’à peine 6 mois, donc neufs, reformés par la mairesse de la ville Mariam Attahir épouse Djimet Ibet, ces tracteurs sont retrouvés dans son jardin à dix mille lieux de la mairie. L’enquête de l’IGE met en avant le recensement de plusieurs personnes fictives qui émargent dans le budget de la mairie. Pire, le recrutement de certains employés ne requiert pas les normes mises en place. Et vient s’y ajouter le profil d’un des oncles de la 1ère dame travaillant comme DAF (directeur des affaires administratives et financières) à la mairie. Les malversations émises à l’encontre de ce sieur (DAF oncle de Sa Majesté) ont poussé l’IGE à demander la suspension de ce DAF jusqu’à la fin de l’enquête en cours. Mme Mariam Attahir, maire de la ville de N’Djamena s’interpose et voit d’un mauvais œil cette suspension dont l’enquête poussée pourrait l’atteindre. Dès lors, il faudrait chercher des poux sur la tête de Oumar Abouna. Ceux qui disent sous cape que la 1ère dame ne s’amuse pas avec ses proches ont raison, même si ce proche se trouve dans l’antre d’un malfrat. Ceux qui avancent aussi que le Tchad est gouverné par Hinda Déby ont aussi raison, sinon comment comprendre que toutes les instructions du même Idriss Déby sur la gestion du pays s’en trouvent sapés ? Depuis lundi 12 juin 2017 au soir, Oumar Abouna est remplacé à la tête de l’IGE par Mr Senoussi Mahamat Ali, Senoussi tchak tchaka pour ceux qui l’ont connu au Maroc. Mais là aussi il y a anguille sur roche. Il se trouve que le sieur Senoussi est le beau fils de Mme Mariam Attahir, maire de la ville de N’Djamena, et éclaboussée dans plusieurs malversations. Aura-t-il le cran d’accompagner un rapport sur sa belle mère ? Pas si sûr, ceux qui l’ont nommé doivent revoir leur annale, car en l’état, plusieurs observateurs verraient un conflit d’intérêts, un trafic d’influence ou usage de camouflage sur des détournements de deniers publics. Pour information, Senoussi Mahamat Ali est certes magistrat, c’est l’étoffe de sa profession à la sortie de l’école marocaine de magistrature de Rabat, mais qu’a-t-il fait comme compétence pour se prévaloir d’une direction qui demande un profil d’un commis de l’État intègre, on ne peut dire que son passage à la BCC(banque commerciale du Chari) est florissant, moins encore de ses attributs à l’école de magistrature de N’Djamena, là encore si on veut nous démentir, la rédaction a en sa possession les documents affairant à son éviction de la BCC et les ordres de mission trafiqués au ministère de la Justice.

Idriss Déby ne peut gouverner et gérer les choses de l’Etat en promettant devant presque 12 millions de Tchadiens une salubrité publique par rapport aux détournements et autres vols à grande échelle, et faire tout le contraire poussant nos compatriotes au désespoir. Il continuera de perdre en dignité. Les lobbys qui l’utilisent ne le font que pour leur propre gueule, car en définitive pénalement c’est lui qui en porte la responsabilité des bévues, et là les sirènes commencent par déchanter et voient l’absolu changement… À suivre.

Tchadanthropus-tribune