Revue de presse Afrique du 27.02.08 – Rfi

L’escale tchadienne de Nicolas Sarkozy… La presse africaine fait le lien entre cette étape et le sort des deux opposants tchadiens dont on reste sans nouvelles …

Le Potentiel de Kinshasa est optimiste : pour le quotidien de RDC, Nicolas Sarkozy se rend au Tchad pour la libération des deux opposants… « Idriss Déby est appelé, écrit le Potentiel, à faire la preuve d’un régime démocratique où règne la liberté d’expression… Le Potentiel précise : ce genre d’arrestations est le lieu commun des opposants dans la majorité des pays africains, où le partage du pouvoir relève de l’utopie…»

Ndjamena lache du lest avant la visite de Sarkozy

Au Sénégal, le Soleil de Dakar s’intéresse pour sa part à Lol Mahamat Choua, l’ancien président tchadien, placé hier en résidence surveillée, avec ce titre : Ndjamena lâche du lest avant la visite de Sarkozy… « C’est sans doute le passage aujourd’hui de l’ami français, peut on lire dans le quotidien sénégalais, qui a amené le pouvoir tchadien à faire un petit geste d’apaisement ».

Mais le Soleil rappelle lui aussi que l’on reste sans nouvelles des deux autres opposants disparus depuis le début du mois. Et de reprendre les conclusions de l’enquête menée par Human Rights Watch : selon l’ONG, raconte le Soleil, « les opposants ont bien été arrêtés par les autorités tchadiennes...»

L’enquête de Human Rights Watch que l’on retrouve également sur le site internet du Monde. Le quotidien français reprend les témoignages recueillis par l’ONG : à chaque fois, les mêmes scènes sont décrites : « ce sont des hommes en uniforme, avec insignes aux couleurs du drapeau tchadien, et véhicules caractéristiques de l’armée, qui ont fait irruption au domicile de chacun des deux opposants, et qui les ont emmenés sans ménagements. » Le Monde évoque également le dossier de l’arche de Zoé ; le quotidien estime que le président français, au cours de sa visite, devrait évoquer le cas des six Français condamnés à huit ans de prison, et qui pourraient être grâciés par Idriss Déby… « Arche de Zoé monnaie de chantage » : c’est la formule choc employée par le site Tchadactuel.com… « Déby ne publiera pas ce décret de grâce, peut on lire sur le site, tant qu’il ne saura pas jusqu’où la France ira dans sa recherche de la vérité sur la disparition des opposants ».

Egalement dans la presse africaine, ce mercredi, la grève des taxis camerounais. La presse s’interroge sur la suite des événements, car ce mouvement a débordé largement les seuls chauffeurs de taxis. Pour Le Messager, la grève a échappé aux leaders syndicaux et aux dirigeants économiques. La grande curiosité, raconte le journal, ce sont les messages portés par les manifestants. « Biya doit partir », « non à la révision constitutionnelle », « on a faim ». Ces messages, estime le quotidien, collent au contexte socio-politique qui prévaut ces derniers temps au Cameroun.

La manifestation d’un ras-le-bol généralisé

Tout se passe comme si, à travers le pays, les manifestants se sont passé le mot. A Bonamoussadi, raconte le journal, « les manifestants ont poussé la réflexion jusqu’à proposer les prix de certains produits. Le litre de super à 250 francs CFA, la baguette de pain à 100 francs, et la bouteille de bière à 350 ». Pour le quotidien camerounais, la grève organisée depuis lundi est en réalité la manifestation d’un ras-le-bol généralisé.

Cette révolte du peuple, comme l’appelle Le Messager, devient sous la plume de l’éditorialiste du Cameroun Tribune une révoltante dérive. Le journal gouvernemental dénonce les vieux démons de l’intolérance, de la diabolisation de l’adversaire, de la haine des institutions. Pour Cameroun Tribune, les initiateurs des émeutes de Douala plaident une cause digne d’intérêt avec des arguments lamentables, voire abjects.

Et puis, dans la presse malgache, cet éditorial de Madagascar Tribune qui revient sur les dégâts provoqués par le cyclone Yvan en début de semaine dernière. Le journal est très sévère à l’égard des autorités. Yvan a mis à nu le sous-développement de l’île de manière criante. Les moyens humains et matériels sont dérisoires. Comble de malheur, poursuit l’éditorial, l’Etat ne prévoit pas l’indemnisation des victimes en cas de sinistre. Citoyens, persifle le journaliste, perdez vos vies et vos biens, on se chargera après de quémander en vos noms dons et aides aux étrangers. Et pour cause, conclut le journal, « il est beaucoup plus facile de faire diplomatiquement la manche chez les bailleurs de fonds, à coup d’Excel et de Power point, que de mettre en place une véritable politique agricole prenant en compte tous les aspects du secteur ».


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