Sarkozy au Tchad: les ONG critiques – L’Express

A quelques heures de son départ pour le Tchad, Nicolas Sarkozy a reçu six organisations non gouvernementales, avec lesquelles il a notamment évoqué l’enquête sur la disparition d’opposants dans ce pays.

A quelques heures de son départ pour le Tchad, le chef de l’Etat s’est entretenu à l’Elysée avec la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), Human Rights Watch (HRW), Oxfam, Amnesty International, le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) et le Secours catholique.

Ces associations des droits de l’Homme ont mis en cause la décision du président de se rendre au Tchad et indiqué attendre des résultats concrets de cette visite sur la situation de deux opposants toujours disparus. Ces deux opposants ont été arrêtés le 3 février par les autorités à l’issue d’une attaque rebelle ratée contre N’Djamena.

« C’est une sorte de caution« 

Nicolas Sarkozy « leur a expliqué les raisons de sa visite au Tchad« , a rapporté David Martinon, porte-parole de l’Elysée. « Il leur a rappelé qu’il était favorable à la création d’une commission d’enquête crédible sur la disparition des opposants et qu’il était favorable à la reprise du dialogue politique« , a-t-il ajouté.

« Aller là-bas sans avoir de nouvelles, c’est une sorte de caution » au président tchadien Idriss Deby Itno, a déclaré le secrétaire général du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD), Antoine Malafosse. Même si le président Sarkozy a dit qu’il allait sur place parce que la France et l’Union européenne « pouvaient faire bouger les lignes« , a-t-il ajouté.

Le président Sarkozy « a dit qu’il faut y aller pour obtenir plus« , a expliqué le directeur général d’Amnesty France, Stéphane Oberreit. « L’urgence pour nous est d’avoir des informations et de sortir le plus rapidement possible les personnes séquestrées ou disparues« , a poursuivi Oberreit.

La France savait, le 11 février?

Amnesty international a par ailleurs indiqué mardi soir que la France savait, dès le 11 février, que trois opposants tchadiens disparus étaient détenus. Amnesty affirme avoir pu consulter mardi « une correspondance privée » qui « prouve que les Français savaient que les trois hommes avaient été arrêtés par des officiers de la sécurité tchadienne et qu’ils étaient détenus au célèbre quartier général des services de renseignements à N’Djamena« .

« Nous ne savons pas sur quelle base se fonde cette affirmation« , a seulement déclaré la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Pascale Andréani, sans opposer de démenti formel.

La porte-parole a fait valoir que « diverses hypothèses ont été émises, souvent contradictoires et souvent démenties« . « Chaque fois qu’une indication nous est parvenue sur un éventuel lieu de détention nous nous sommes attachés à la vérifier immédiatement« . Mais, selon elle, « aucune ne s’est avérée exacte jusqu’à ce que notre ambassadeur à N’Djamena ait rencontré dans une prison militaire Lol Mahamat Choua, le 14 février« .


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