Les Brèves de N’djaména: Tripoli, les trois NON de Deby

Les quatre responsables de la rébellion de l’Est sont repartis à Khartoum de manière un peu brusque et inattendue. Les libyens les ont poursuivis jusqu’à l’aéroport pour les dissuader. Selon nos informations, les libyens qui veulent fêter le 1er septembre en mettant côte à côte les rebelles et Deby, ont mis tellement de pression que les rebelles, exacerbés, étaient prêts à signer n’importe quoi ; car les points soulevés dans les différentes versions du document de la rébellion, ont été réfutés un à un par Deby.

Alors pourquoi, aucun accord n’a été signé ? Pourquoi le départ brusque des chefs rebelles ? Selon un membre de la délégation de Deby, ce dernier est convaincu que les rebelles veulent tout simplement signer le papier pour faire plaisir à leurs mentors, mais arrivés à l’intérieur du Tchad, ils vont continuer le combat, alors il a martelé trois fois en disant qu’aucun mercenaire (alors qu’il avait promis abandonner le terme)ne franchira la frontière armée. Tout le monde doit être désarmé, regroupé et mis à la disposition du gouvernement. Dès lors il n’y a plus rien à négocier.

Cacophonie au sein de la délégation de Deby – Les observateurs ont constaté des profondes divergences au sein de la délégation gouvernementale : certains d’entre eux ont eu des positions extrêmement tranchées voir même extrémistes. Il s’agit du Ministre de la Moralisation, Mahamat Béchir Okormi et le DG de l’ANS, Mahamat Ismaël Chaibo. Ces deux individus ont traité les rebelles de tous les noms, mercenaires, aventuriers, etc. Selon eux, aucune négociation n’est possible avec les rebelles qui doivent déposer les armes et demander pardon à Deby. Le DG de l’ANS a déclaré publiquement que même le peu que le gouvernement concède en signant l’accord ne sera pas garantie à cent pour cent. Cette attitude a fait réagir Mahamat Nour, classé parmi les partisans de la paix, qui a, à son tour publiquement dénoncé les déclarations de son compère. Contrairement aux autres, Mahamat Nour trouve l’idée de désarmer les rebelles, absolument absurde. « Dans l’histoire des négociations entre le gouvernement et les rebelles, aucun désarmement n’a eu lieu avant le cantonnement et le brassage. Je suis bien placé pour le savoir. Pourquoi demander aujourd’hui à ceux là de le faire ». Selon les observateurs, les « durs » cherchent tout simplement à sauver leur pain. On aura remarqué que parmi les membres de la délégation gouvernementale, les « extrémistes » sont par hasard tous des goranes (Younousmi, Okormi) ou zaghawa (Chaibo). Ceci explique cela.

Sursaut du camp arabe – A quelque chose malheur est bon ! Le ralliement du groupe « Rachid » à Deby, a clarifié la situation au sein de la CNT et UFDD fondamental. Ces deux mouvements ont fait bloc avec les autres groupes : même langage, même position. La ferme détermination de combattre le régime de Deby, semble revenue de nouveau.

Beremadji Félix
N’djaména


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