Un silence complice

 

Il y a eu des affrontements entre les éléments PSI (anti terrorisme) tchadiens et les milices djandjawids soudanaises, il y a eu mort d’hommes et dégâts matériels importants ; l’évènement a eu lieu depuis le 9 aout, mais le gouvernement tchadien garde un silence gêné pour ne pas dire complice. Selon des sources crédibles, la patrouille des éléments PSI en territoire soudanais a été effectué avec l’accord tacite des plus hautes autorités militaires du Pays, lesquelles avaient lancé lors d’une réunion publique avec des officiers supérieurs, suite aux plaintes de ceux-ci sur la situation alimentaire de la Muette, « qu’un homme armé et véhiculé ne doit pas se plaindre ni de la faim ni de la soif. » Aussitôt dit, aussitôt exécuté. Le Com OPS de BAO, un soudanais qui a mis pour la 1ere fois les pieds au Tchad en 2013, et qu’il a eu le temps d’intégrer l’armée, avoir le grade de colonel et se faire nommer Com OPS, a, à bord de 6 véhicules (3, selon certains), s’est mis sur la trace des véhicules des commerçants soudanais rentrant de la Lybie. L’embuscade des djandjawids arrêta net l’élan des militaires, devenus en un laps de temps des coupeurs de route.

Tous les véhicules des tchadiens auraient été incendiés lors des affrontements, tous les passagers sont soit morts, soit faits prisonniers et conduits à El Fasher, Capitale de Darfour Nord à bord d’un hélicoptère de l’armée soudanaise affrété spécialement pour la circonstance. Jusqu’aujourd’hui, le gouvernement tchadien n’a pipé mot, on imagine tout simplement des intenses négociations sont en cours entre les deux présidents amis et entre le nouveau chouchou du régime de Khartoum, le général Commandant des djandjawids, le sieur Hemiti qui n’est autre que le cousin germain direct d’un certain Bichara issa Djadallah !

Il faut rappeler que le régime de Deby a adopté un comportement bizarre, teinté d’irresponsabilité manifeste face à ses citoyens en difficulté. Le seul mot qui sort de sa bouche et de celles ses bouffons c’est : » eux-mêmes l’ont cherché ». Des tchadiens croupissent dans des geôles algériennes dans des conditions indescriptibles depuis deux ans sans aucune démarche du régime. À peine un mois de cela un groupe de 19 personnes à bord de 6 véhicules venant de la Libye ont été interceptés par les mêmes djandjawids et conduits à El Fasher après avoir été délestés de tous leurs biens. Des tchadiens sont exposés au marché d’esclaves à Tripoli pour être vendus au 1er marchand.

Quelle est la réaction du gouvernement face à la situation des tchadiens dans le Sahel : « ce sont eux-mêmes qui l’ont cherché » 

Correspondance particulière – ( El Fasher, Sudan)


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