La honte !

Ceux qui nous gouvernent sont-ils nés avant ou après la honte ?

Il n’est pas superflu de se poser la question quand on observe la situation dans laquelle Deby et son système ont fait plonger le Pays. Comment pourrait-on croire qu’un Pays pétrolier se trouve en cessation de paiement en moins de 10 ans de ses premières entrées financières pétrolières ?

Après avoir fait le tour de tous les Pays susceptibles de le soutenir aux fins de boucler les fins du mois et vendu l’âme et la chaire de son armée au plus offrant, Deby a trouvé une autre formule pour tendre la main comme mendiant devant les portes de la Grande mosquée de NDJAMENA : les forums

L’idée même d’organiser une table ronde pour financer un hypothétique plan de développement, est une honte, une vraie honte pour ceux qui connaissent l’étymologie de ce terme. Deby est à sa 3ème table ronde. Auparavant, il y a eu Genève I, II  les seules tables rondes qui se justifiaient : le pays a été déstructuré dans tous ses aspects et états par la guerre civile de 1979 à 1982, d’où la nécessité d’une contribution exceptionnelle de la communauté internationale pour remettre sur pieds l’Etat.  On aurait pu continuer à gérer tout simplement les retombées de Genève I, II. Or, Deby improvisa une série des tables rondes dont la plus stupide est la dernière organisée à Paris : pendant un peu plus de 10 ans le pays produisait entre 150 mille et 200 mille barrels par jour avec le barrel à plus de 100$, avec 13% des royalties et un taux d’imposition de 65%. Et pour résultat ?  Un Etat complètement délabré, dettes intérieures et extérieures, sans commune mesure, systèmes scolaire, universitaire et sanitaire en arrêt complet, suivis des grèves incessantes faute de payement des salaires depuis plusieurs mois, toutes les infrastructures initiées au lendemain de la production pétrolière sont aussi en arrêt ; tous les paramètres socio-économiques fournis par les institutions spécialisées, placent le Tchad parmi les 5 derniers. Une honte ! A ce marasme socio-économique s’ajoute un Etat policier, foncièrement dictatorial avec tout ce que cela engendre en matière des libertés publiques, de presse, droits de l’homme, etc.

La crise que traverse le Tchad de Deby est loin d’être une crise conjoncturelle comme aiment le répéter en symphonie les thuriféraires du régime, mais elle est principalement structurelle : ni les 16 mesures, moins encore les tables rondes, ne seront la solution.

Honte est également l’attitude complaisante des partenaires en développement qui connaissent parfaitement les causes profondes de la crise tchadienne et dont le seul objectif est de plaire au partenaire français qui de son côté, commence à en avoir assez des aboiements répétitifs de son chien de garde qui fait de ses interventions militaires la cause principale de la crise et par conséquent ne rate aucune occasion pour demander le prix du sang et faire des chantages sur le retrait éventuel des boucliers tchadiens. Du sang des tchadiens, Deby s’en est suffisamment gavé, et il n’y en a eu aucune aventure militaire dont il n’a pas été payé en espèces ou cash ! Les partenaires en développement ont fermé honteusement les yeux et les oreilles sur les cris de détresse de la majorité des tchadiens, victimes de la mal gestion, mal gouvernance et des violations flagrantes des droits de l’Homme.

Le seul participant qui a réussi a tirer son épingle du jeu à la table ronde de Paris, est bien sûr Paris qui a pu faire porter sur les partenaires en développement, les attentes et autres vociférations inutiles (CFA) de son protégé.

Honte, c’est peu dire par rapport à cet avalage du griotisme et de la bouffonnerie à l’adresse d’un Deby auréolé de toutes les vertus de la planète, pour avoir organisé et « réussi » (?) la table ronde de Paris sans mentionner le pschitt de celle de Dubaï. Summum de ridicule, on félicite Deby d’avoir rompu des relations avec le Qatar !

Les tables rondes ne résoudront aucune crise au Tchad, ni à court, ni à long termes.  Le salut est dans la libération du Tchad du système Deby et cela, seuls les tchadiens en sont capables.

B. F.


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