Les Brèves de N’djaména: Idriss Deby, la déchéance. (Voyage au Borkou-suite)

Lors de son passage raté dans le Borkou, le Général Deby a été très touché par le rejet de sa visite par la population. Ne pouvant plus supporter cet affront, pour se consoler, il a multiplié des rencontres en attendant le résultat des émissaires. Chasser le naturel, il revient au galop, contrairement aux discours de premières rencontres, très vexé, il s’était exercé cette fois-ci à son hobby préféré : les insultes, les menaces, les fausses promesses et les mensonges éhontés. Mais la hargne aidant, sa langue a fourché l’entraînant dans l’abîme de la décadence.

Devant un parterre des notables, des chefs des cantons, des autorités administratives et militaires, le Général Deby s’en est vivement pris et nommément aux différentes communautés qui alimenteraient la rébellion. Ainsi donc il a traité les Kanembous de vendeurs de cola ; les krédas de bouchers, de petits vendeurs des cabris et surtout des souffleurs de culs des vaches. Et de traiter enfin le chef de l’UFR de « Bili » sans racine ni parents au BET et ne sachant pas parler la langue du BET.

Selon nos sources, l’assistance n’a pas du tout apprécié cette sortie incongrue. Un notable lui a clairement dit à haute voix » Mr le président, vous êtes tombé trop bas », suivi de retrait de quelques notables de la réunion.

Connu pour ses paniques soudaines, il a rapidement clos la réunion et prit son avion pour Amdjeress en ordonnant aux invités de rester sur place en attendant son retour incessant. Depuis, la population de Borkou l’attend alors qu’il n’a pas fait signe de vie depuis son arrivée dans son bled. Très déprimé selon son entourage, changeant son habillement incessamment- tantôt en tenue de Général enturbanné, tantôt en simple captani local, il s’est barricadé dans sa villa.

C’est ainsi que Mr Idriss DEBY détruit d’un revers de main une rencontre qui a été minutieusement préparée pour lui permettre d’effectuer un rebond dans son fief.

Alors que comprendre d’un  » Chef d’Etat » qui prend à son propre compte les sarcasmes et les ragots de la rue pour vilipender très sérieusement des pans entiers de sa communauté ?

Le commerce est une activité noble et bénie. Le Seigneur a exhorté amplement dans ses Livres Saints ses fidèles à s’adonner à ces activités pour leur survie en sus de l’élevage. Vendre du cola à la crié ou des cabris aux marchés traditionnels et en fin exporter du pétrole au marché mondial sont des différentes étapes d’une même activité lucrative et licite. Mr Deby n’a jamais exercé une telle activité privée noble, il est au contraire habitué à piller et à arnaquer à l’aval la sueur de ces pauvres commerçants.

Insulter un individu en solo passerait mais injurier toute une communauté sur sa culture est un comportement indigeste et indigne de la part d’un haut responsable.

Pour ceux qui connaissent de près le Général Deby, tous ses délires ne sont que des manifestations tardives des frustrations qui ont jalonné tout au long de sa vie. Il avait en fait raté les principales étapes de la croissance d’un individu à savoir l’enfance et l’adolescence. Il n’avait pas eu la chance de goûter les délices de ces deux étapes de sa vie. Il n’avait jamais été un jeune berger et ignore en conséquence la vie sublime des pâturages dans des ouadis et dans des plaines.

A 65 ans passés Mr Deby revient à la case de départ pour chercher à combler ce vide par des comportements et accoutrements enfantins et ridicules : préparer la bouillabaisse des bergers en plein air ; porter des sabres en bandoulière et se pavaner dans des ouadis, etc. Si le Sultan avait pratiqué la moindre activité pastorale dans sa jeunesse, il ne traiterait pas les krédas de souffleurs ; car le soufflage est une pratique ancestrale propre à tous les nomades qui en usent pour faire accepter à l’animal qui dénie son nouveau-né.

Quant au terme « Bili” (un sobriquet utilisé par les bideyatts contre les kobés en réponse à leurs sobriquets) attribué au Chef de l’UFR, il n’y a pas lieu de s’en justifier, car se renvoyer des sobriquets, se railler, s’égratigner, constituent des pratiques et des modes de cohabitations entre les différentes communautés sans grande méchanceté. Cependant si ces railleries sont reprises par un « Chef d’Etat  » pour vilipender une communauté, elles deviennent des injures. C’est aux « Bilis », aux Kanembous et aux Krédas d’en tirer les conclusions ; eux qui continuent à soutenir actuellement le sultan et qui sont à la pointe des zones opérationnelles contre la rébellion.

Correspondance particulière
Faya – Borkou – Tchad


Commentaires sur facebook

1 commentaire

  1. Prosper

    Tchad, le pays est être devisé par Deby et ce pays moura si ce zagawa vit encore 5 ans après l’adoption de la nouvelle constitution en cours. C’est avec l’agriculture, l’élevage et le commerce que ce Tchad vit. Les recettes du pétrole dans les poches du parti au pouvoirs et ses fans. Malheur aux jeunes tchadiens!