Le Tchad a (presque) dénoncé l’accord avec Glencore

 

Dire que le Tchad de Deby est un Etat voyou, c’est un euphémisme ! Oui, voyou non seulement dans ses relations avec les mouvements terroristes et mais aussi avec les accords internationaux.

Les tchadiens avaient lutté acharnement avec l’appui d’une partie importante de la communauté internationale, mais aussi contre l’avis général de la société civile tchadienne appuyée par des ONG internationaux, le droit d’exploiter ses ressources minières. Un document-contrat extrêmement contraignant pour le gouvernement tchadien, relatif à la gestion des revenus pétroliers, fut produit comme compromis à cette lutte.

Dès le 1er jour de la production, Deby a froissé ledit contrat accord et l’a jeté à la poubelle au grand dam de la BM et de la population tchadienne. Depuis, on sait ce qu’il en est advenu. Dans cette gigantesque malversation des revenus pétroliers, la société trader suisse Glencore a été le complice le plus proche de Deby. Glencore a été non seulement le trader de la part tchadienne du brut, mais il est aussi attributaire des permis d’exploration ce dont il ne fait dans aucune autre partie du monde, il est aussi le principal bailleur en matière d’avance des fonds ou des gages.   Quand la société américaine Chevron s’est retirée du consortium, c’est Glencore qui avance de l’argent au Tchad pour racheter les parts du Chevron. Déjà trader de la part tchadienne du brut et maintenant préteur du Tchad, Glencore a la main mise sur tout le brut qui revient au Tchad de l’amont à l’aval, y compris le brut produit par d’autres sociétés, notamment les sociétés chinoises (CNPCI) : c’est stipulé ainsi dans le fameux accord des dupes, selon les propres termes de Deby. Tout cela s’est passe au-dessus de la tête des structures de l’Etat, piloté directement par le fils de Deby, un certain Seïd Idriss Deby. Les autorités en charge du pétrole n’ont fait qu’apposer leurs signatures au bas des documents que le fils de l’autre leur présentait.

Depuis la signature de cet accord, le Tchad ne reçoit aucune royaltie, toute la part du Tchad (royalties des 3 champs + Chevron+ CNOCI) est enlevée, vendue et empochée par Glencore ; et cela devrait encore durer longtemps d’autant plus que seuls Deby et Glencore connaissent le montant exact des transactions contractées au nom du Tchad, hormis les prêts de Chevron ; l’accord initial, avant le rachat des parts de Chevron sur un prêt de Glencore, se termine le 31 décembre 2018, or avec les prêts Chevron, cette date sera repoussée sine die.

Comme le sultan a toujours un besoin urgent des liquidités, alors il applique sa pratique favorite : dénoncer l’accord Tchad-Glencore mais de manière lâche : il demande au consortium d’enlever la part du Tchad, la vendre et lui remettre l’argent en espèces, c’est l’accord de 1997 ! Mais entre-temps il y a eu l’accord d’enlèvement avec Glencore.

Des nombreuses questions surgissent : le consortium va-t-il accepter de court-circuiter Glencore ? Glencore va-t-il accepter cette rupture unilatérale de l’accord. Dans le cas où le Consortium accepte d’enlever la part du Tchad, se basera-t-il sur l’accord de 1997 ou bien sur des nouvelles bases ?

Une réunion réunissant toutes les parties tchadiennes en charge du pétrole, ainsi que le ministre des finances, s’est tenue à Amdjeress, le 23 octobre 2017, sous la présidence de Deby. On attend à ce que les décisions de cette réunion soient portées à la connaissance du public.

Ci-joint la lettre du ministre du pétrole au consortium

Mahamat Ahmat


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