Tout sur l’affaire Cheikh T. Gadio : le deal monté dans les couloirs de l’Onu (…), le Président tchadien, le ministre ougandais des AE, un fils de Gadio au cœur du scandale

 

 

Cheikh Tidiane Gadio, ancien ministre des Affaires étrangères du Sénégal et Chi Pink Patrick Ho, businessman chinois, et chef d’une ONG basée à Hong-Kong et en Virginie, dans l’Est des Etats-Unis, ont été inculpés par la justice américaine, dans une affaire de corruption de hauts responsables au Tchad et en Ouganda. 

Un deal monté dans les couloirs de l’Onu 

Comme écrit dans la plainte, l’affaire du Tchad a débuté vers octobre 2014, lorsque Gadio et Ho et se rencontrés au siège de l’Onu à New York. A cette époque, la compagnie énergétique chinoise souhaité étendre ses activités pétrolières au Tchad et, pour ce faire, elle voulait conclure une coentreprise avec une société pétrolière et gazière appartenant au gouvernement chinois qui y était déjà opérationnel. Plus tôt cette année-là, le gouvernement tchadien avait infligé une amende de 1,2 milliards de dollars à la CNP pour violation du Code de l’environnement. Chi Pink Patrick Ho a enrôlé Cheikh Tidiane Gadio qui avait des relations personnelle avec le président Tchadien, pour aider la compagnie d’énergie à avoir accès à lui, avec l’objectif initial de résoudre le différend entre son gouvernement et le CNPC, et, l’objectif ultime, d’obtenir des opportunités pétrolières pour la compagnie d’énergie au Tchad.

L’ancien chef de la diplomatie sénégalaise a connecté avec succès M. Ho et la compagnie d’énergie au Président du Tchad et à d’autres responsables tchadiens. Chi Ping Patrick Ho, agissant sur ses conseils, a alors fait verser à la compagnie pétrolière un pot-de-vin de 2 millions de dollars au président du Tchad, Idriss Deby Itno, dans ce qui a été qualifié de «don » pour des causes caritatives. L’ancien ministre lui a demandé un paiement de 400 000 de dollars pour sa firme, arguant qu’il devrait recevoir un pourcentage en cadeau. La demande se trouve dans un mail figurant parmi la centaine interceptée par la FBI.

En réalité, ce «don » était un pot-de-vin destiné à influencer l’octroi de droits pétroliers en faveur de ladite société. Suite à cette promesse de 2 millions de dollars au président tchadien, la société a obtenu un avantage commercial dans ses négociations pour acquérir des droits pétroliers au Tchad, notamment en ayant la possibilité exclusive d’acheter des droits pétroliers particuliers sans faire face à la concurrence internationale.

En fin de compte, la compagnie d’énergie n’a pas complété cette acquisition, mais a plutôt acheté d’autres droits pétroliers au Tchad auprès d’une société taïwanaise. En échange des efforts de Cheikh Tidiane Gadio pour faciliter la corruption du président du Tchad, Chi Ping Patrick Ho lui fait verser 400 000 dollars.

Le système ougandais

Le volet du dossier mettant en cause le régime ougandais a débuté aux alentours d’octobre 2014, lorsque M. HO en question s’est réuni aux Nations-Unies à New York. Prétendant agir au nom l’ONG de l’énergie, il a rencontré le ministre ougandais des Affaires étrangères et commencé à cultiver des relations avec lui. Au cours de l’année où le ministre a servi comme président de l’Assemblée générale de l’ONU, celui-ci discute avec lui d’un «partenariat stratégique » entre l’Ouganda et la société où le ministre a servi comme président de l’Assemblée générale de l’ONU, celui-ci discute avec lui d’un «partenariat stratégique » entre l’Ouganda et la société de l’énergie.

Vers février 2016, après que le ministre ougandais des Affaires étrangères a repris son poste et que son beau-père a été réélu président de l’Ouganda, ce dernier a sollicité un paiement de Chi Ping Patrick Ho, prétendument pour une fondation caritative qu’il voulait lancer. Celle-ci a effectué un virement de 500 000 dollars vers un compte en Ouganda désigné par le ministre ougandais des Affaires étrangères via une banque à New York.

Dans ses communications, le nommé Ho qualifiait ce paiement de «don » pour la campagne de réélection du président Ougandais (qui avait déjà été réélu) et de « don » pour «soutenir » le ministre ougandais des Affaires étrangères. Ces virements sont passés par un compte ouvert par l’épouse du ministre sous le couvert d’une fondation bidon.

Ce paiement était un pot-de-vin pour obtenir des avantages commerciaux pour la compagnie d’énergie dans ses efforts pour obtenir des contrats et des projets dans les secteurs financier et énergétique ougandais. Chi Ping Patrick Ho a également fourni au ministre ainsi qu’au président ougandais, des promesses bénéficies futurs, notamment en proposant de s’associer avec les entreprises familiales des deux fonctionnaires dans des coentreprises potentielles. En échange, le ministre a aidé la compagnie à faire des affaires étrangères en Ouganda, y compris en facilitant son intérêt à potentiellement acquérir une banque.

Gadio et Ho voulaient soudoyer les gouvernements africains… 

Dans leur plan de corruption internationale, Chi Ping Patrick Ho et Cheikh Tidiane Gadio ont conspiré pour soudoyer des fonctionnaires de gouvernements africain au nom d’un conglomérat énergétique chinois.

En faisant passer près d’un million de dollars dans le système bancaire de New York pour faire avancer leurs plans, les accusés auraient tenté de générer des affaires grâce à des pots-de-vin versés au président du Tchad et au ministre ougandais des Affaires étrangères. Comme on le prétendait ; le plan Ougadais de Ho a été élaboré dans les couloirs des Nations-Unies à New-York, lorsque l’actuel ministre des Affaires étrangers de l’Ouganda a servi comme président de l’Assemblée générale des Nations-Unies et a continué sans relâche à son retour en Ouganda.

L’Institut panafricain de stratégie au Cœur du scandale 

Selon la justice américaine, Cheikh Tidiane Gadio possède la nationalité américaine depuis 2000. C’est d’ailleurs pour ce titre qui est passible de poursuites devant la Justice américaine. La même source poursuit que son fils a aussi obtenu la nationalité durant la même période et il est directeur dans ladite société, l’institut panafricaine des stratégies, basée à Dakar, qui se trouve au cœur du scandale.

Il s’avère que Cheikh Tidiane Gadio a fait l’objet d’une traque de 3 ans. Il était dans le collimateur de la justice américaine, depuis 2014. Pendant tout ce temps, les Américains ont épié ses moindres faits et gestes. En plus de le mettre sur écoute, ses emails ont fait l’objet de surveillance. Ses agissements et les activités de son entreprise « Gadio firme », sont consignés dans un rapport de 54 pages. Son fils âgé d’une trentaine d’années est aussi cité dans cette affaire. Il est poursuivi pour 4 chefs d’accusation dont chacun peut valoir plus de 5 ans.

www.leral.net


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