Tchad – Glencore (Suite et sans fin)

Les négociations entre le Tchad et Glencore ont encore échoué ; elles ont buté sur un seul point qui est apparemment le seul point à l’ordre du jour : le temps d’échelonnement de la dette du Tchad. Le Tchad demande 13 ans, par contre, Glencore en exige 4 ans. En réalité, il ne s’agirait pas des vraies négociations mais plutôt une demande de facilitation du Tchad envers la firme suisse. Avant même que les réunions débutent, Glencore a posé comme préalable à l’ouverture des négociations, l’abrogation pure et simple de la lettre que le ministre du pétrole avait écrite à Exxon pour que ce dernier se charge d’enlever et de vendre la part du brut tchadien en lieu et place de Glencore ; bien sûr la demande a été agréé très rapidement mais en catimini.

Le Tchad aurait insisté pour ne pas dire supplié Glencore pour clôturer les négociations par un accord qui permettrait au Tchad de bénéficier immédiatement la 2ème tranche de l’aide budgétaire du FMI. Selon des sources concordantes, il faut au moins 2 ans à Glencore pour se faire rebrousser les commissions plus leurs intérêts qui étaient payés aux intermédiaires tchadiens et étrangers ; et avant de se faire payer le principale, c.-à-d. 1 milliard 300 millions. Quand un membre de la délégation tchadienne avait demandé le montant exact des commissions, Glencore aurait sorti une feuille sur laquelle figurent la liste des tous les bénéficiaires avec le montant perçu correspondant, ce qui aurait fortement agacé le chef de la délégation tchadienne qui aurait demandé à Glencore de remettre la feuille à sa place.
Entre la rigidité de Glencore, forte de ses armes et les conditionnalités du FMI, le Tchad est très en étroit ; mais les négociations reprendront début 2018.

D’une affaire à une autre : qui se rappelle du consortium composé des sociétés américaines (Trinity Gas Corporation et Clarton Energy Grup) et de la société nigériane Oriental Energy Ressources, qui avait acquis des permis sur les blocs des Erdis, dans le Lac-Tchad et le bassin du Chari ?

Le siège ndjamenois du consortium était dirigé en effet par un ancien collaborateur de Deby, dont on n’en doute pas qu’il serait en contact direct avec celui-ci. C’était certainement la raison pour laquelle les tchadiens ne se rappellent pas les activités menées par ce consortium. En réalité, ce consortium n’a mené aucune activité d’exploration conséquente, elle n’a fait que des spéculations sur les permis obtenus : ventes à Cliveden (un individu) et puis aux chinois (CNPCI).

Aux dernières nouvelles, on apprend que, suite à un conflit entre les ex partenaires, le dossier referait surface et que les juridictions internationales seraient saisies ; ce serait une heureuse occasion pour les tchadiens de connaitre les tenants et aboutissants de cette autre affaire et comment, de manière tout à fait illégale certains se sont enrichis gratuitement et simplement sur le dos des tchadiens.

Correspondance particulière
N’djamena – Tchad


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