Ban Ki-moon en Afrique pour stimuler les efforts de paix au Darfour – Afp

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, entame à Khartoum une tournée d’une semaine au Soudan, au Tchad et en Libye, déterminé à donner un vigoureux coup de pouce au processus de règlement du conflit au Darfour.

M. Ban, qui depuis sa prise de fonctions en janvier a fait de ce dossier sa première priorité, veut d’abord s’assurer que la Minuad, la future force « hybride » ONU-Union africaine (UA), pourra être déployée rapidement et efficacement dans la province soudanaise.

Cette force – 26.000 hommes à terme, soit à la mi-2008 – sera la plus importante mission de maintien de la paix dans le monde. Sa création a été décidée le 31 juillet par le Conseil de sécurité dans sa résolution 1769.

La décision est intervenue après des mois d’efforts diplomatiques intenses de la communauté internationale, notamment de M. Ban, pour obtenir l’aval du président soudanais Omar el-Béchir.

Fort de cet accord arraché aux forceps, le chef de l’ONU estime qu' »il n’y a plus de temps à perdre » pour mettre fin à une tragédie qui fait honte à la communauté mondiale depuis plus de quatre ans.

Le conflit, qui sévit depuis février 2003 au Darfour, province de l’ouest du Soudan, a fait 200.000 morts et plus de deux millions de déplacés, selon l’ONU. Khartoum ne parle que de 9.000 morts.

« Nous avons maintenant une occasion historique, nous devons la saisir« , a déclaré mardi M. Ban à la presse. Pour cela, il a présenté un plan d’action sur trois axes: maintien de la paix, action politique, aide humanitaire et au développement.

Soulignant que la Minuad ne pourra réussir sans la coopération du gouvernement du Soudan, M. Ban a indiqué qu’il demanderait le « soutien total » du président Béchir, lors d’un entretien jeudi à Khartoum, à la fin d’une visite de trois jours dans le pays, du 3 au 6 septembre.

La veille, mercredi 5, il se sera rendu à El Facher, chef-lieu du Darfour nord, pour se rendre compte personnellement « des conditions très difficiles dans lesquelles cette force opérera« , ainsi que « des épreuves subies par ceux que (l’ONU) cherche à aider« .

Sa visite au Soudan le mènera également, mardi, à Juba, dans le sud, où une mission de l’ONU d’environ 10.000 Casques bleus, la Minus, veille au respect d’une paix précaire signée en 2005 par le gouvernement et d’anciens rebelles, après une guerre civile de 21 ans.

La visite au Soudan a été précédée d’un échange assez vif, M. Ban condamnant une récente escalade des violences au Darfour et appelant les parties à cesser toute action militaire, propos que le gouvernement soudanais a sèchement rejetés, les qualifiant de « fausses accusations« .

Khartoum a également expulsé ces derniers jours trois Occidentaux, dont deux diplomates et un responsable de l’ONG Care.

Après le Soudan, le secrétaire général se rendra au Tchad le 7 septembre et en Libye le 8. A N’djamena, il rencontrera le président Idriss Déby, dont le pays est durement touché par le débordement sur son sol du conflit du Darfour.

Une mission de police de l’ONU appuyée militairement par l’Union européenne doit être prochainement approuvée, à l’initiative de M. Ban, pour protéger dans l’est du Tchad et le nord de la République centrafricaine les camps de réfugiés et de personnes déplacées du fait du conflit au Darfour voisin.

A Tripoli enfin, M. Ban rencontrera le numéro un libyen Mouammar Kadhafi, qu’il a cité parmi les acteurs régionaux ayant « grandement contribué » aux efforts diplomatiques internationaux concernant le Darfour.

Selon un diplomate occidental à l’ONU, Tripoli joue « un rôle clé » dans l’acheminement de l’aide humanitaire, ainsi que pour le règlement politique du conflit du Darfour. « Il est clair que le dialogue régional l’inclut« , estime ce diplomate sous couvert d’anonymat.


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