Darfour: Ban Ki-moon est au Soudan avec en tête la force ONU-Union africaine – Afp

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon (d) est accueilli par le secrétaire d'Etat soudanais au ministère des Affaires étrangères, Ali Karti, le 3 septembre 2007 à Khartoum Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, est arrivé lundi à Khartoum avec pour objectif de préparer le déploiement d’une force ONU-Union africaine chargée de rétablir la paix au Darfour, région de l’ouest du Soudan en proie à une guerre civile.

M. Ban, qui a pris ses fonctions en janvier, a fait de la crise du Darfour sa priorité numéro un et veut s’assurer que la Minuad – la future force « hybride » constituée à terme de 26.000 hommes – pourra être déployée rapidement et efficacement, d’ici la mi-2008.

Dès sa première soirée à Khartoum, M. Ban devait entrer dans le vif du sujet avec le président Omar el-Béchir lors d’un dîner en tête-à-tête prévu à la maison d’hôte du Palais présidentiel.

Il reverra jeudi à deux reprises le président Béchir, qui a fini par lever sa longue opposition au déploiement de la Minuad.

Entretemps, il ira rencontrer plusieurs autres responsables soudanais, d’abord mardi à Juba, capitale du Soudan sud, région théâtre d’une guerre de 21 ans conclue en 2005 par un fragile accord de paix, puis mercredi à Al-Facher, au Darfour.

Au terme de sa visite de trois jours au Soudan, il se rendra au Tchad et en Libye, deux pays impliqués dans une solution de paix au Darfour. A N’Djamena, il rencontrera le président Idriss Deby Itno, dont le pays est durement touché par le débordement sur son sol du conflit.

Le conflit du Darfour, qui oppose depuis février 2003 des rebelles et le gouvernement central allié à des milices, a fait 200.000 morts et plus de deux millions de déplacés, selon l’ONU. Khartoum ne parle que de 9.000 morts.

Un enfant dans un camp de déplacés au Soudan, le 1er septembre 2007 La Minuad doit être la plus importante mission de maintien de la paix dans le monde. Sa création a été décidée le 31 juillet par le Conseil de sécurité de l’ONU, dans sa résolution 1769.

Cette décision est intervenue après des mois d’efforts diplomatiques intenses de la communauté internationale, notamment de M. Ban, pour obtenir l’aval du président Béchir.

Fort de cet accord arraché aux forceps, le secrétaire général de l’ONU estime qu’il n’y a « plus de temps à perdre » pour mettre fin à une tragédie qui fait honte à la communauté mondiale depuis plus de quatre ans.

Soulignant que la Minuad ne pourra réussir sans la coopération du gouvernement soudanais, M. Ban a indiqué qu’il demanderait le « soutien total » du président Béchir.

Cette visite au Soudan a été précédée d’un échange assez vif, M. Ban condamnant une récente escalade des violences au Darfour et appelant les parties à cesser toute action militaire, des propos qualifiés sèchement de « fausses accusations » par le gouvernement soudanais.

Khartoum a également expulsé ces derniers jours trois Occidentaux, dont deux diplomates, et un responsable de l’ONG Care. L’un d’eux, le Suédois Kent Degerfelt, représentant de la Commission européenne, a été invité à revenir au Soudan à la suite d' »excuses » formulées par Bruxelles.


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