IGET vs État tchadien – Odeur d’une nouvelle arnaque

 

Une info de la Lettre du Continent reprise par notre confrère « Letchadantropus », rapporte que le procès intenté par la société IGET contre l’État tchadien auprès des tribunaux français est en voie d’être conclu d’ici septembre et que le montant initial demandé par IGET pourrait dédoubler d’ici là.

On est en droit de se poser la question de savoir pourquoi seule l’IGET est en voie de conclusion d’un accord, alors que 3 autres plaintes de même nature ont été déposées auprès des mêmes tribunaux, bien avant celle d’IGET. Revenons à l’historique de l’affaire.

Le projet Sidigui a été attelé à celui de Doba sur demande insistante du Tchad et ce, malgré une forte réticence du Consortium de l’époque ; ainsi Sidigui et Doba devraient démarrer au même moment. Lors du départ d’ELF et SHELL du Consortium, Deby, fortement appuyé par son Conseiller Pétrole et l’ex PDG d’ELF, avait fait savoir à EXXON, le seul restant, qu’il est- lui Deby- désormais libre de céder le projet à qui il veut ; et ce, malgré la réticence active de la partie tchadienne qui pilotait ledit dossier. Exxon, sans rentrer dans des disputes futiles et avec précipitation et surtout en souriant sous la table, avait jeté à Deby un os encombrant qu’il trainait malgré lui depuis plus de 20 ans : SIDIGUI. Exxon a reconstitué le Consortium, exécuté le projet Doba et mis en exploitation depuis bientôt 15 ans, et Deby est toujours en train de croquer l’os SIDIGUI !

Deby s’était donc approprié des champs de SIDIGUI et les a filés à l’homme d’affaires soudanais, Mohamed El Jarnibi et en même temps imposa une société de contrôle, IGET, qu’il avait créé séance tenante, et qu’il plaça à sa tête son ami, l’ex PDG d’ELF qui avait élu domicile à Ndjamena pendant tout le temps des tractations pour la reconstitution du Consortium, il se vanta d’ailleurs d’être le principal artisan de la reconstitution alors qu’Exxon avait refusé de le recevoir malgré une lettre d’introduction signée de Deby. IGET était donc une société de droit tchadien, créée au Tchad dans l’enceinte du palais rose ; par quel micmac, elle est devenue une société française ? Alors que Mr Mohamed Jarnibi, la société CPC et un couple suisse, avaient porté plainte contre l’État tchadien pour rupture abusive de contrat, car chacun a été dépouillé du même contrat au profit du suivant, sans fin jusqu’aujourd’hui.

Quand une affaire opposant un citoyen ou société français à un État françafricain, elle est portée illico devant les tribunaux français et que si le citoyen ou la société française gagne le procès, alors le trésor français puise dans des avoirs de l’État françafricain, avoirs logés en son sein en vertu d’un accord colonial, pour payer le citoyen ou la société française. De là, dire que Deby après avoir dilapidé le trésor tchadien, se tourne vers les avoirs tchadiens logés dans le trésor français, il n’y a qu’un pas à franchir.

B F


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