Deby rappelle ses troupes au son du tambour de guerre : les Baministes et les Beris en premier lieu.

 

(Un récit authentique)

Deby ne devrait pas être au courant de toute l’agitation de la rébellion armée tchadienne au Darfour et au sud libyen, pour deux raisons : d’abord, Deby a mis une omerta infranchissable sur tout ce qui concerne la rébellion armée tchadienne, il ne veut qu’on en parle du tout, lui non plus n’en parle pas, et puis, contrairement au Darfour la discrétion au niveau de l’UFR est de rigueur ; les défections sont extrêmement rares, les communications sont strictement gérées et les agents des différents services des renseignements de Deby, sont systématiquement démasqués et mis hors en état de nuire.

Ainsi au niveau de la communication, seuls les décès sont annoncés et les réactions importantes de politique intérieure, sont publiés.

Au mois de novembre 2018, 4 jeunes, effrayés probablement par les perspectives des combats au vu des préparatifs, ont déserté et rejoint la garnison de Tanoua, poursuivis par les combattants de l’URF ; c’était d’ailleurs au cours de cette course-poursuite que des valeureux combattants ont trouvé la mort dans un guet-apens tendu par des coupeurs de route appelés habituellement » maffia ». Deby qui ne fait plus confiance aux rapports de ses services de sécurité a reçus en personne les déserteurs.

ACT1 :  ce sont des questions-réponses directes entre Deby et les jeunes :

  • Deby,dites-moi, d’où venez-vous et vous vous appartenez à quel mouvement des bandits, des coupeurs des routes, des mercenaires et que sais-je encore?
  • Jeunes : nous appartenons à l’UFR
  • Deby : c’est quoi l’UFR ?
  • Jeunes: c’est le mouvement de Timan Erdimi
  • Deby : menteurs, Timan, je l’ai parqué dans un hôtel de 5*, il mange, il lit et prie, je suis au courant de ses activités, il ne s’occupe plus de la rébellion !
  • Jeunes : non Mr le Président, l’UFR existe et Timan est très actif, il est en contact direct avec le terrain avec les chefs, d’autres en Europe, au Soudan, en Amérique, sont en contact avec lui ; chaque jour on entend le patron a dit, le patron a fait passer un message par untel.
  • Deby : est-ce qu’il y a des Beris ?
  • Jeunes : Il y a des tchadiens de toutes les régions, les Beris ne sont pas nombreux, l’UFR est un mouvement des « Armara »(nom donné aux non arabes, ni gouranes, beris).
  • Deby :Il y a à peu près combien des Beris ?
  • Jeunes : ils ne sont pas nombreux, entre 350 et 400…
  • Deby : très fâché et hors de lui et n’ayant pas suivi le reste) : des coupeurs des routes menteurs, ils pensent qu’ils peuvent m’impressionner pour m’arnaquer ! allez mettez les dehors ; depuis le Frolinat jusqu’au MPS, il n’y a jamais eu 400 combattants Beris, même aujourd’hui dans l’armée nationale il n y’a pas 400 militaires, ces bandits sont des menteurs. Citez-moi des noms !
  • Jeunes : ils citent pêle-mêle des noms officiers supérieurs qui sont dans le maquis
  • Deby : très étonné, se tourne depuis le début de la conversation vers ceux qui sont présents et leur demande : « mais celui-là est parti quand ? Et l’autre là, n’était-il pas responsable au sud du pays ? mais untel, on avait dit qu’il serait mort au Mali ou au Niger, etc., etc.
  • Deby serait très désemparé, pensif, parcourt à plusieurs reprises et murmure : « je suis entouré des gens qui jouent double jeu avec moi, untel ne serait jamais parti sans l’accord d’untel », etc. Et puis il donne des instructions fermes : pas un mot sur cette réunion (raté !!), il faut faire passer les propos de ces jeunes en disant qu’au sud libyen, il n’y a que des trafiquants de drogue, des coupeurs des routes, des mercenaires et des Kerres, je ne veux pas du tout entendre de l’UFR et tout ce qui la compose. Rompez les rangs.

ACT2 Dèsle départ des jeunes et leurs accompagnateurs, Deby appelle immédiatement un à un tous ses « digui-digui » (nom donné aux colporteurs des ragots à Deby) et en particulier les membres de sa famille ; ils le somment de lui avoir caché l’existence d’une vraie rébellion, le départ des jeunes beris, Timan et ses Armara menacent notre pouvoir et vous ne dites rien, ne faites rien. Après un bref échange tendu, 3 décisions importantes sont prises : 1 – mobiliser les Baministes MPS pour les informer que le pouvoir MPS acquis d’une lutte héroïque est désormais menacé 2 – mobiliser les beris en leur disant que leur régime, leur pouvoir est menacé ; 3 – créer un groupe de communication online pour contrer la propagande anti régime propagée par les beris.

            Deby dresse séance tenante une liste des Baministes et tend au Gal Dirmi Haroun et lui demande de lui convoquer tout ce monde dans les 24h. Dirmi jette un coup d’œil sur la liste ; Dirmi, dans un murmure nasillard, annonce que la plupart des gens qui sont sur cette liste sont morts depuis longtemps et qu’un petit nombre est exil et que lui, il n’est pas prêt d’aller chez certains de ces personnes car elles sont trop contre le régime et; Deby, très étonné demanda quand et où sont morts ses ex compagnons de route. Deby dresse une seconde courte liste des Baministes vivants ou survivants qui usaient leurs chaussures dans les rues de Ndjamena et remet cette fois ci à un autre baministes, car est jugé extrémiste ; reçus immédiatement le lendemain, il donna à chacun la mission de lui trouver des Baministes vivants dans

dans n’importe coin du pays. Les envoyés de Deby à la recherche des Baministes vivants ou survivants seraient sur le point de quitter Ndjamena dès le mardi 4 décembre 2018.

A la même réunion des digui-digui, Deby chargea Daoussa Deby de mettre en place un réseau de communication, avec l’aide de tous les cadres beris ; Daoussa Deby, appuyé par des ex rebelles reconvertis, multiplie depuis 48h des réunions avec tout le monde.

Enfin le Sultan a demandé à des digui-digui de lui organiser une réunion avec toutes les composantes beris. La réunion eut lieu le lundi 3 décembre 18. Selon des témoins oculaires, Deby fut le Maitre de Cérémonie (em ci) en chair et en os, très détendu, hilare, il a été extrêmement accueillant et relaxe ; il plaisante avec chacun des présents, raconte des anciennes histoires avec chacun d’eux, il distribue des tapes et des claques, leur demande pourquoi il n’a pas entendu d’untel ou d’un autre. Les digui-digui faisaient toute la gymnastique du monde pour reprendre et propager les mots et gestes de leur chef, mais ce fut un exercice très difficile face aux visages renfermés et renfrognés des participants. A la fin de la rencontre, Deby demanda à l’assistance de lui proposer urgemment un projet de développement de Belibe (Beliland) : construction des routes, écoles, hôpitaux, châteaux d’eau, tout, dans n’importe coin de Belibe.

Depuis cette rencontre ça grouille de partout pour l’élaboration dudit Projet.

Correspondance particulière (Ndjamena)

 

 

 

 


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