Boko Haram, une arme permanente de dissuasion et de chantage aux mains de Deby

 

Boko Haram n’était pas une création de Deby, loin de là ; elle l’a été le fait des généraux nordistes nigérians, (les Babangida, Buhari, Mahamat Chetté, etc.) quand ceux-ci traversaient le désert après avoir perdu le pouvoir en faveur des sudistes à l’issue des élections démocratiques.

Les généraux nigérians avaient présenté Boko Haram à Deby par l’intermédiaire de SAS et par un coup de main dont il a le secret, il s’était débarrassé des intermédiaires pour en être le principal sponsor du mouvement terroriste qu’il présente ensuite aux français pour un éventuel bon usage. Mr Deby devient de ce fait et de facto l’intermédiaire régional attitré entre les monarchies et Boko Haram en passant par le régime islamiste du Soudan.

Dans cette malsaine pièce théâtrale, chacun joue son jeu et défend naturellement ses intérêts : les monarchies du Golfe exportent leurs contradictions internes, leur idéologie obscurantiste de pseudo islamiste, vers l’Afrique du Nord, de l’Ouest et centrale. Pour ce faire, le Tchad occupe une position géostratégique très convenable pour agencer toutes les manigances sournoises ; surtout que ce pays est dirigé par un homme qui salive devant l’argent sans aucune forme de retenue, soutenu en cela par un autre du même acabit : le président soudanais.

Le duo Deby-El Béchir joue donc le rôle de passoire d’une part, entre les monarchies et les groupes pseudos islamistes en Afrique centrale (RCA- Cameroun) et tous les autres groupes terroristes de l’Afrique sahélo-saharienne d’autre part.

Cette toile a multiples fonctions permet aussi à la France de se positionner dans le glacis sahélien en redéployant ses bases militaires avec le concours d’autres grandes puissances. Cet étalage de l’armada française sert indéniablement de parapluie pour les dictateurs et autres marionnettes de la francafrique.

Depuis la chute du régime de Kadhafi, le rôle d’intermédiaire de Deby a baissé d’un cran : Dans ces contrées ou la parole donnée équivaut à un serment, Mr Deby est considéré comme un vrai « saâlouk », sans personnalité, en d’autres termes un voyou. La tragi-comédie de Yémen où il s’était dérobé après avoir encaissé le pactole a confirmé à suffisance les appréhensions des monarques de l’Orient. Le temps où les armes et les téléphones satellitaires envoyés par les monarchies, sont convoyés par le petit frère de Deby, responsable des Réserves Stratégiques de l’État, vers Aqmi, semble être révolu.

Avec Boko Haram, rien ne va pas non plus, il est loin le temps où Deby demandait au Nigeria d’envoyer une délégation au Tchad pour se réconcilier avec Abubakar Shehu qui se trouvait à Ndjamena, à la grande surprise du Nigeria. Aujourd’hui, Shehu combat directement Deby, mais celui-ci entretient toujours des relations avec des groupes dissidents qui sur commande, attaquent les positions tchadiennes dans le Lac, toujours avec des lourdes pertes. Les militaires tchadiens sont convaincues et quelques fois avec des preuves palpables que toutes les attaques de Boko Haram contre leur position sont téléguidées par quelqu’un de l’intérieur, suivez leur regard ; c’est pourquoi, depuis plusieurs mois, les militaires tchadiens refusent de combattre Boko Haram dans le Lac tant que la situation n’est pas éclaircie. Dernièrement le neveu de Deby envoyer pour déloger les éléments de Boko Haram d’une position au Nigeria, s’est tout simplement tiré une balle de peur qu’il ne soit liquidé par les siens qui refusent d’avancer, et est rentré « blessé », à la maison. Et pourtant le raisonnement de ces militaires ne manque pas d’arguments : impossible de croire que l’armée nigériane dont le nombre dépasse la population tchadienne ne puisse venir à bout d’une centaine d’hommes mal équipés, mal entrainés, divisés ; impossible de penser que les français ne sont pas de mèche avec Boko Haram alors qu’ils sillonnent toute la région du Cameroun jusqu’au Niger sans aucune escorte et qu’ils ne cachent pas, dans leurs conversations avec les tchadiens qu’ils ont des entretient avec des éléments de Boko Haram et qu’on n’a jamais appris qu’un convoi français a été attaque par Boko Haram ou qu’un français ait été tué !

Deby tient le monde entier avec Boko Haram dont il est le principal manipulateur, soutenu par les français ; d’une part, il fait tuer les militaires tchadiens par Boko Haram pour justifier l’existence du terrorisme dans le Lac ; dans ce jeu la France joue au pompier pyromane en soutenant Deby sur la scène internationale, tout en renforçant sa présence militaire dans tout le pré carré y compris au Nigeria anglophone, et en armant les différents groupes terroristes. Un ministre de Deby avait eu l’imprudence de dire que toutes les armes détenues par Boko Haram sont françaises, il a été viré du gouvernement ; dernièrement il a été exhibé en public pour remercier la France d’avoir tué les tchadiens de l’UFR : son retour au gouvernement est attendu. D’autre part, Deby brandit le spectre de Boko Haram à chaque fois que des manifestations de rue s’annoncent. On se rappelle des attaques de Ndjamena, une manipulation ridicule des amateurs de l’ANS ! Et aujourd’hui, on vient de nous brandir « un fou Boko Haram » qui se promène dans les rues de Ndjamena, à la recherche des cibles !

Visiblement Deby prend les tchadiens pour des cons : a

Ndjamena ou ailleurs, Boko Haram a un seul nom : Idriss Deby Itno

Mahamat Ahmat


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