Les Brèves de N’djamena – Les bourses d’études, une nouvelle arnaque du grand Cœur

L’association « Grand Cœur » de la 1ère Dame s’est incrustée dans l’administration publique et militaire et en a pris entièrement le contrôle ; les prérogatives régaliennes des départements ministériels sont désormais dévolues au « Grand Cœur ». Cette situation inédite crée un chevauchement dans toute l’échelle hiérarchique de l’administration publique et de fait, marginalise aussi fort heureusement le parti au pouvoir : il faut être membre ou sympathisant du « Grand Cœur » pour avoir droit à un poste de responsabilité dans l’administration publique et dans les sociétés et offices d’État.

Dans ses activités en place et lieu des départements ministériels, le « Grand Cœur » s’adresse régulièrement aux États amis, en particulier les pays arabes, pour demander des bourses d’études. Contrairement aux pratiques établies, le Grand Cœur demande des donateurs de l’argent liquide en lieu et place des bourses formelles ; une fois l’argent reçu, le Grand Cœur dresse une liste des candidats et candidates, et obtient des visas et les achemine vers la destination choisie.

Depuis plus de deux ans, c’est le même scenario qui se répète : des dizaines des tchadiens bacheliers débarquent dans tel ou tel pays arabe avec pour seul document, une attestation de bourse signée du « Grand Cœur ». Sur place, un intermédiaire les accueille, les loge et entreprend des démarches pour les inscrire dans les différentes universités du pays. L’intermédiaire va se heurter très rapidement à la réalité : aucune institution locale n’a les dossiers des intéressés, certes, le pays a donné l’équivalent de tel nombre des bourses, en espèces, mais jamais des demandes d’inscription des jeunes dans les universités locales. Sur ce, l’intermédiaire disparait laissant les jeunes à leur triste sort ; lesquels bacheliers arrivent à joindre l’ambassade du Tchad dans le pays, qui n’est absolument au courant de rien et se démènera pour rapatrier les tchadiens vers le Tchad.

C’est exactement la même scène, point par point, qui est en train de se jouer au Caire en Égypte depuis juin 2019.

Et l’arnaque continue.

Correspondance particulière
N’djamena – Tchad


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