Un hors la loi prône l’illégalité pour résoudre les conflits intercommunautaires

Revenu tout tendu de Khartoum où il a été directement mis en cause par un intervenant d’être à l’origine du conflit du Darfour et où il a été oublié d’être cité parmi les grands hôtes présents, Deby était attendu à Abéché pour au moins 3 dossiers brulants : les problèmes d’eau, le sultanat et le conflit intercommunautaire.

Depuis le dernier passage où Deby a posé la 1ère pierre pour des travaux d’adduction d’eau, rien n’a bougé d’un iota ; pour ceux qui connaissent Deby, la réponse fut simple : c’était du Deby tout craché, promesses et mensonges et accessoirement campagne électorale ; pour l’abéchois lambda, c’était la parole du président, il faut garder l’espoir !

Pour le sultanat, sujet principal du déplacement de Deby à Abéché, le palais royal, propriété légitime de la famille Ourada devrait être évacuée pour y installer le sultan de Hinda qui serait très bientôt remplacé par le père de celle-ci, selon les mauvaises langues, mais le nouveau Sultan a été plus sage, il a préféré en effet de s’installer ailleurs.

Une chose est sûre : le père de Hinda qui est issu directement d’Ourada par sa mère, aurait plus de droit que l’actuel décrété ! Au fait disons qu’occuper la propriété familiale d’autrui est la ligne de conduite de Deby et les siens, sinon Deby aurait pu construire au protégé de son épouse un palais comme il l’a fait à Iriba, deux poids, deux mesures ? Ou vouloir exacerber les problèmes dans l’Ouaddaï !

Les régions du Ouaddaï et du Sila sont en proie à des conflits intercommunautaires meurtriers, en particuliers entre les éleveurs armés et les cultivateurs. C’est un phénomène très ancien au Tchad et dont les différents régimes en ont fait leur manière de diviser pour régner. Deby, en particulier est très conscient du problème ; en effet, la plupart des éleveurs sont du Batha, du BET et Wadi Fira, en fait disons, ses parents, directs ou indirects ; et la majorité de ces éleveurs qui étaient soit des ex rebelles ou ayant des parents bien placés dans les différents corps armés de l’État, et ainsi tous les éleveurs possèdent des armes de guerre avec d’abondantes munitions fournies par ces mêmes parents depuis N’djaména ; mieux presque la quasi-totalité des responsables de l’administration territoriale sont, soit propriétaires du bétail ou parents des propriétaires et souvent sous l’œil complice de ces agents que ces hommes armés font traverser piétiner par leur bétail les champs des cultivateurs impuissants. Dans le Chari Baguirmi, les cadres militaires et civiles des régions citées ci-dessus, y ont répliqué leurs mauvaises habitudes et la population cultivatrice n’a d’autre choix que de se remettre à la disposition de ces nouveaux seigneurs pour être des bergers ou gardiens, ou s’exiler vers les villes, en particulier vers N’djamena.

A Abéché, Deby a magistralement trouvé la solution pour résoudre définitivement le conflit agriculteurs – éleveurs et dans tout le Tchad :

« chaque fois qu’il y a un conflit, il faut choisir 10 personnes de chaque côté et les tuer, Mr le ministre, avez-vous entendu ce que je viens de décider ? Exécution immédiate ! »

On ne peut faire aucun commentaire de cette déclaration qui résume de la manière la plus complète, la nature de celui qui dirige le Tchad depuis bientôt 30 ans : un hors la loi (sur le plan des lois de l’État et de la religion) dont la vendetta propre aux éleveurs, est l’unique arme de résolution des conflits intercommunautaires !

Correspondance particulière
N’daména – Tchad


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