Les Brèves de N’djaména – L’humiliation par les cadavres

Comment interpréter ce qui se passe sur les places mortuaires et autres cérémonies ?

Le pouvoir fait tout pour humilier ceux qui ne sont pas de son bord. Trois cas vécus permettent de voir le vrai visage du pouvoir tant son comportement à ces moments de douleur est tout simplement et certains proches des morts étaient obligés, par pudeur, de s’effacer. Le décès de Gata Ngoulou. La famille avait souhaité transférer le corps à Sarh, mais l’épouse du défunt n’en voulait pas et le pouvoir a pris parti pour la femme. Gata a été enterré à Eténa, le cercueil gardé par les bérets rouges et des chiens policiers. Ayant trouvé ridicule cette scène, beaucoup des parents et proches se sont retirés de l’organisation de la cérémonie et certains continuent à ne plus mettre pieds chez le feu Gata. Le décès de Ali Golhor. Il était coordinateur de la CPDC. Ses collègues et membres de son parti avaient cotisé pour venir en aide à la famille. Les partisans du pouvoir se sont levés et ont déclaré l’aide du PR et l’ont remercié pour les avoir aidés à enterrer leur frère. Le soutien matériel des premiers n’était rien de comparable à ce que le pouvoir a donné. Les proches, les membres de CPDC et les militants de son parti ont senti l’humiliation. Beaucoup se sont retirés. Et personne n’a témoigné de la vie militante de Ali jusqu’à sa mort.

Lol Mahamat Choua a été enterré à la sauvette prétextant l’islam. Homme connu de l’extérieur, faire son enterrement un peu retardé aurait permis aux étrangers d’être là. Comme pour effacer un témoin gênant, le pouvoir a précipité l’enterrement et organisé une grande cérémonie de décoration à titre posthume, décrété 3 jours de deuil national. Le ridicule s’est poursuivi jusqu’à l’interdiction de témoignage à l’assemblée. Alors beaucoup de l’opposition ont gardé le silence.
Mamari Djimé a connu les mêmes scènes ridicules. 25 millions de francs pour les obsèques. Mise à contribution des officiers actifs et des généraux à la retraite pour soi-disant honorer la mémoire du disparu. Cette agitation a été ridicule.
De toute façon il s’agit d’enterrer ceux qui nous ont quittés. L’essentiel est qu’ils soient mis en terre. Tout ce ridicule posthume ne veut rien dire sinon le dernier sursaut d’un pouvoir qui n’a aucune humanité et qui croit humilier à coups de fric ! C’est enfoncer une porte ouverte comme dit un adage bien français ! Un jour ce pouvoir disparaîtra sans laisser des traces. Ceux qui s’en font les thuriféraires n’y verront que dalle et se retrouveront le bec dans l’eau. Que Dieu nous vienne en aide !

 Correspondance particulière
N’djaména – Tchad

 

 

 

 


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