L’énigme du missile tiré de l’aéroport

Après une douzaine de jours passés, nous sommes obligés d’y revenir car cet événement qui est d’un gravissime béant n’a pas encore trouvé une élucidation correcte et est en voie de banalisation comme beaucoup d’autres aussi importants au niveau de l’Etat sous le régime d’enfantillage de Deby.

Les faits, tels que rapportés par les sources officielles  : Au cours d’un exercice de chargement et de déchargement des obus dans un Sokhoi de l’armée  tchadienne, par inadvertance et mauvaise manipulation, un obus s’est détaché et parti se loger au domicile du Général Mht Saleh Arim Sargoulo 1er Adjoint de la DGSSIE, causant 7 morts dont des enfants à bas âge et des dégâts matériels importants.

La réalité des faits : D’abord, techniquement et mécaniquement, ces faits sont démentis formellement par les techniciens tchadiens responsables de l’escadrille depuis la création de celle-ci. Pour charger ou décharger un obus dans un avion de combat, disent-ils, il y a des dispositions préalables et préliminaires à prendre et cela ne souffrirait d’aucune inadvertance. Ensuite, pendant ce jour précisément, il n’y a eu aucune manœuvre de chargement ou déchargement ou quel que exercice du genre au niveau du parc de l’escadrille tchadienne. De ce fait, l’obus – plutôt le missile – est sorti du parc de l’escadrille française. Et tenez-vous bien, contrairement à la version véhiculée par les auteurs à savoir «  l’obus a explosé à la suite d’une mauvaise manipulation au parc de l’armée tchadienne ». C’est doublement faux. D’abord, il n’y a ni manipulation ni accident à l’amont, ni incident moins encore par inadvertance. Il s’agit bien évidemment d’un exercice concerté qui s’est passé au parking de l’armée française ; ensuite il s’agit d’un missile russe acquis récemment par le biais de l’ANS et tiré à partir d’un canon guidable de Longue portée. Les actes posés par la partie française après le tir justifient ipso facto la paternité de toute l’opération :

  • Un démenti vigoureux de l’Ambassade de France au Tchad à peine 30mn après l’explosion ;
  • La descente incognito des soldats de Barkane armés jusqu’aux dents accompagnés des équipes de secouristes d’urgence au domicile soufflé du Général M.S. Arim. Sans gêne et sans l’autorisation de quiconque, ils prennent possession du site et procèdent à des fouilles minutieuses de fond en comble jusqu’aux coins les plus incongrus du bâtiment en extirpant bien sûr des décombres les décédés et les blessés et repartent comme ils étaient venus. Toutefois, on a remarqué après leur départ que tous les débris et les éclats du missiles ont miraculeusement disparus. En fait c’est l’objet principal de leur mission.
  • Enfin le confinement de tous les éléments de sécurité de l’aéroport. Il y a effectivement 3 différentes unités de protection au niveau de l’aéroport militaire de N’djaména : l’unité antiaérienne de l’armée de l’air, l’unité antiterroriste et les Barkane. Les éléments de deux premières unités sont strictement confinés depuis ce jour jusqu’à présent.

Secondairement, 40mn après l’explosion, MR Deby se rend en toute trompe et presque seul au volant au siège de l’opération Barkane et y reste presqu’une heure et repart très confus en demandant dans les meilleurs délais un rapport circonstancié. Aussitôt après le départ de Mr Deby,  Barkane pompe un communiqué élogieux dans lequel il se donne toutes les vertus de sauveur des tchadiens laissés pour compte. Quelle comédie de mauvais goût !! C’est ce même Barkane qui a obstinément refusé de porter secours aux blessés tchadiens massacrés par leur produit, Boko Haram n’est-ce pas ??

La grande question n’est pas de chercher à savoir qui a tiré mais  Quelle est exactement la cible que le réseau qui dirige le Pays a voulu éliminer de son chemin ? Malgré les diverses spéculations cette question reste encore sans réponse.

Il est extrêmement capital que les tchadiens de toutes sensibilités sachent que leur Président ne gère plus le pays depuis bientôt deux ans. Petit à petit, et la maladie aidant, Deby se trouve complètement écarté de tous les rouages de l’Etat. Ayant constaté la tendance alzheimerique de son état, un réseau tentaculaire piloté par Mme Hinda et le DG de l’ANS soutenu fixement par le Général de l’opération Barkane s’est mis en place et s’est accaparé de la direction du Pays.  Ce réseau comprend outre les précités, des hommes d’affaires, des parlementaires et des agents forgés de toutes pièces et hissés aux postes les plus stratégiques. Quelques rares parents de Deby tirés sur le volet en font partie.

La formalisation de ce réseau est la suite logique idoine de l’incapacité des parrains métropolitains de pouvoir trouver un homme idéal répondant aux critères classiques de la Françafrique et en même temps capable de suivre et faire accepter les grandes décisions susurrées par ailleurs, étant entendu qu’aucun chef politique de l’opposition de l’intérieur ne réponde à leurs critère moins encore ceux de l’extérieur. De ce fait, conclue-t-on, autant confier la destinée du pays à la Française du moment sous l’ombre de son mari chancelant et sous la surveillance des amis locaux.

MR Deby étant hors réseau, alors on nomme à sa place, on signe à sa place on annule les décrets signés aux rares moment de sa lucidité. En ce sens que le dysfonctionnement de l’appareil de l’Etat est palpable à tous les échelons. Ceci a provoqué la formation des petits réseaux d’intérêts où du Ministre jusqu’au planton, chacun s’occupe de son gain quotidien. Dans ces conditions, tous les coups fourrés contre les rares voix discordantes seront désormais légion jusqu’à l’extinction définitive de celles-ci.

Beremadji Félix
N’djaména – Tchad


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1 commentaire

  1. Abdelazziz

    Vos analyses ont souvent une caractéristique de vérité inquiétante