Dossier ANS : Qui est Yadia Deka, l’emminence grise de l’homme lige de Ahmed Kogri.

Á 61 ans, l’homme, Yadia Deka, c’est son nom, d’ethnie moundang. Islamisé au début des années 80, il a été recruté à l’agence en 1993 après avoir fait la première partie de sa carrière à la Sureté nationale. D’abord secrétaire, il gravit petit á petit les échelons et fini aujourd’hui comme l’incontournable n°3 des services secrets avec un visage de fauve et un caractère de brute, son nom est sur toutes les lèvres á l’agence. Irascible avec les agents, impitoyable avec les détenus politiques.

Lorsqu’une personne est arrêtée, c’est vers lui qu’elle est conduite en premier ; car il est en charge des interrogatoires qui se font dans une salle spécialement aménagée au 3ème étage de l’immeuble ; ses méthodes violentes et brutales (bâton électrique, fil électrique) font délier les langues les plus rébarbatives.  Il est secondé dans sa besogne par un assistant, un secrétaire et un technicien électricien, tous d’ethnie moundang, sans pitié, ni état d’âme. Il dit toujours : « on ne badine pas avec l’état », sa réputation bien faite se repose sur son volontarisme à exécuter sans broncher ni chercher à discerner les ordres du DG/ANS, Ahmed Kogri, gagnant ainsi son entière confiance.

En cette période de covid19 où Kogri s’est calfeutré dans son bureau, interdisant à ses collaborateurs de s’approcher de ses murs, Yadia Deka est le seul à y accéder ; les autres communiquent avec le DG par WhatsApp. Le titre officiel de Mr Yadia est “directeur de la lutte antiterrorisme”, mais Ahmed Kogri l’a également chargé de superviser les 3 lieux de détention de l’ANS. D’où ses allées et venues dans les prisons à bord de sa Ford-ranger double cabines, couleur bleue, immatriculée 18C0787E, un cadeau de la cellule de la CIA de N’djamena. Yadia est la bête noire des détenus politique, qu’il exècre au plus haut point. Lors d’une de ses décentes dans la prison, il aurait ordonné que les bains ne se fassent qu’un jour sur deux. Il est aussi l’artisan du: « un seul repas par jour pour les rebelles », “c’est pas un motel ici!” aurait-t-il lancé; quant aux autres prisonniers, non politiques, il en fait un point d’honneur à ne pas les transférer à la justice; leurs dossiers sont pour la plupart détruits dans la broyeuse à papier qu’il a dans son bureau, c’est la raison pour laquelle de dizaines d’hommes et de femmes croupissent dans les geôles de l’ANS depuis des années sans avoir jamais vu ni été entendus par un juge; certains sont considérés morts par leur famille, alors qu’ils moisissent, déshydratés, dans des cellules lugubres, sans électricité, non ventilées dans lesquelles ils font leurs besoins naturels, pour le grand plaisir de Yadia Deka. Pourtant l’homme était lui-même passé par la case prison par mesure disciplinaire.

En effet il a passé en date du 03/03/2018, 59 jours à la SPIR (service de protection et d’intervention de l’ANS), selon les témoignages, il passait la journée à se lamenter et pleurnicher, disant qu’il est père de 18 enfants et avait servi plus de 20 ans à l’agence, maudissant son chef Kogri qu’il qualifiait de toutes les adjectifs inimaginables. Après sa libération, il fut vite réhabilité, renforcé avec à la clé un voyage cadeau en Arabie Saoudite pour le Hadj. L’homme est aujourd’hui le plus craint par les agents et cadres de l’agence de sécurité, pour sa délation et sa faculté à dénigrer ses collègues auprès du DG; honni par les prisonniers pour sa méchanceté à  bloquer systématiquement leurs dossiers, les empêchant à avoir un procès ou même être libérés.

Yadia dit toujours  » si la prison est vide, le chef croira qu’on ne travaille pas ». C’est à sa demande qu’un Détachement du bataillon ‘DAR’ composé de 26 éléments armés a été affecté à la prison où est enfermé Bahraddine Berdey; c’est également sur son ordre que Bahraddine est confiné à l’isolement total dans une cellule de 2m sur 2m. C’est encore lui qui a refusé le transfert de Ousman Teguène dans une clinique ophtalmologique après que ce dernier ait perdu l’usage de ses yeux, pour cause de mauvais traitement. En tant que chef de la cellule anti-terroriste, il est l’intermédiaire privilégié des partenaires étrangers. Il supervise actuellement le chantier de construction des bureaux des partenaires étrangers qui serviront des cellules de lutte anti-terrorisme dans l’enceinte de la direction générale. Candidat déclaré au poste de directeur général adjoint de l’agence depuis plusieurs mois, Yadia multiplie les lobbyings, notamment auprès de son ancien patron, Mahamat Ismaël Chaïbo avec qui il garde un contact discret et continu. Selon nos sources, Yadia photocopie les fiches qu’il adresse au DG/ANS et envoie secrètement la copie au ministre Chaïbo, qui lui-même le transmet en primeur au PR.

La correspondance secrète qu’entretiennent Yadia Deka et le ministre M.I Chaibo est acheminée par Issa Segue, neveu et assistant de Yadia. Si le sieur Yadia obtient le strapontin de DGA/ANS, les détenus politiques qui sont ses souffre-douleurs n’auront pas fini d’en baver.

Par Philby


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