Soldat français mort au Soudan : des "erreurs", pas de "faute" selon le ministère – Afp

La mort d’un soldat français des forces spéciales survenue début mars dans un accrochage avec des éléments armés au Soudan était due à une « succession d’erreurs » et non à une « faute » dans les ordres donnés ou leur exécution, a indiqué jeudi l’état-major des armées.

Selon le capitaine de vaisseau Christophe Prazuck, de l’état-major, une « enquête de commandement » conduite par le général Patrick Paimbault au Tchad voisin a « relevé une succession d’erreurs mais pas de faute ou d’actions qui auraient été conduites en contradiction avec des ordres reçus« .

Le porte-parole du ministère Laurent Teisseire a indiqué pour sa part que l’enquête du général Paimbault, inspecteur des forces en opération, « confirmait l’erreur de positionnement géographique » évoquée par les premiers témoignages.

Selon ceux-ci, le sergent Gilles Polin et un second soldat des forces spéciales qui était parvenu à s’enfuir avaient pénétré par mégarde en territoire soudanais le 3 mars.

Interrogé sur la nature des éléments armés qui avaient ouvert le feu sur les deux soldats français, le commandant Prazuck a indiqué que les informations recueillies par le général Paimbault au Tchad ne permettaient pas d’affirmer « qu’ils étaient des soldats réguliers ou des coupeurs de routes« .

Le commandant Prazuck a toutefois relevé que le groupe des forces spéciales françaises qui avait tenté ensuite d’aller chercher le corps du sergent Polin avait été pris sous « des tirs de mortiers« .

Ces « moyens lourds ne correspondent pas à ce qu’on trouve habituellement dans les bandes de coupeurs de route« , a-t-il noté, estimant qu’ils avaient affronté « une force organisée« .

Il s’agit de « déductions et non de preuves flagrantes que le général Paimbault n’a pas obtenues« , a cependant souligné le commandant Prazuck.

Sur les circonstances de la mort du sergent Polin, il a précisé que « trois personnes » avaient « ouvert le feu à bout portant » sur lui au moment où il quittait son véhicule.

Les autorités soudanaises avaient affirmé avoir retrouvé son corps plusieurs jours plus tard.

Les deux soldats français menaient une missions « d’éclairage » sous drapeau de l’Eufor Tchad-RCA, une force européenne destinée principalement à protéger quelque 450.000 réfugiés soudanais du Darfour et déplacés tchadiens et centrafricains.


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