La disparition de Tom Erdimi inquiète au Tchad _-DW

Où est passé Tom Erdimi, le neveu et premier directeur de cabinet d’Idriss Deby Itno et ancien coordinateur du projet pétrole? Ce dernier a disparu depuis fin 2020 suscitant de multiples interrogations.

 Tom Erdimi, qui était neveu et premier directeur de cabinet d’Idriss Deby Itno mais aussi ancien coordinateur du projet pétrole a disparu depuis fin 2020. Il était en rupture avec le régime de son oncle avant de rejoindre l’Union des forces de Résistance (UFR), la rébellion dirigée par son frère jumeau Timane Erdimi. Pour évoquer son cas, la DW a interrogé l’un de ses frères, Ali Erdimi.

DW :  Bonjour Monsieur Erdimi

Bonjour Monsieur !

DW: Avez-vous des nouvelles de votre frère Tom Erdimi ?

Depuis qu’on a communiqué, on a aucune nouvelle de lui et tout ce qu’on sait c’est ce qu’on avait dit dans le communiqué.

DW : Quand est-ce que vous lui avez parlé la toute dernière fois

Moi je communiquait souvent  avec lui par mail et dernièrement j’avais   communiqué par mail à la fin du mois de septembre.

DW : Oui, donc, c’était en septembre 2020.

Fin septembre, début octobre.

DW : Alors vous étiez en contact avec lui par mail. Est ce qu’il vous faisait part de ses inquiétudes à l’époque?

Non. Par mail, on a parlé de la famille, mais n’a exposé aucune étude

DW : Avant son enlèvement présumé, votre frère vivait à Houston, aux Etats-Unis. Qu’était-il allé chercher en Egypte ?

Oui  il est allé rendre visite à sa famille. Pour se rapprocher beaucoup plus de la famille. Il a aussi pris le soin de s’enregistrer auprès des autorités égyptiennes, parce qu’il sait qu’il est traqué par le régime Déby. Oui, mais il savait aussi que le directeur de l’ANS ( Agence nationale de sécurité ) Kogri était derrière, il le savait avant. Au dernier mail ou aux derniers échanges. On n’a pas parlé d’inquiétude.

DW : Ne pensez-vous pas comme beaucoup que c’était imprudent de sa part, de la part de Tom Erdimi de se déplacer, de quitter son lieu d’exil, les Etats-Unis, pour se rendre en Egypte ?

Je pense que tout opposant sait que s’est un risque. Dés qu’on sort du cadre et qu’on est opposé au régime du feu Déby on est exposé au risque.

DW : A l’heure qu’il est Ali Erdimi, beaucoup de rumeurs circulent sur la toile et font état de l’exécution de votre frère Tom Erdimi, juste après son extradition vers le Tchad. Est-ce que vous en aviez aussi entendu parler?

Moi je pense qu’il est encore en vie. Parce je n’ai aucune raison de croire qu’il ne soit pas en vie jusqu’à preuve du contraire, il est en vie alors que les Egyptiens l’on arrêté, il est en vie.

DW : c’est tout simple. Si Tom Erdimi est en vie, pourquoi réaparaît- il pas pour couper court à toute ces supputations? Toutes ces rumeurs au sujet de son exécution sommaire ?

Mais cela dépend de la personne qui le détient et ce sont les Egyptiens.

DW : Est-ce que vous êtes en contact avec les autorités égyptiennes?

On les a contacté à travers le HCR, ils n’ont pas répondu. On les contacté après à travers leur ambassade au Tchad et au Canada par la Croix-Rouge, mais on n’a eu aucune réponse de leur part. Pourtant on a des preuves matériels qui montrent que mon grand frère a été arrêté par les Egyptiens.

DW : Le silence des autorités égyptiennes ne signifie pas que le pire est arrivé à votre frère ?

Du moment que quelqu’un est arrêté, on s’inquiète bien sûr. Chaque seconde qui passe cela inquiéte la famille.

DW : Est-ce que la famille Erdimi a eu à entreprendre des démarches auprès de Mahamat Idriss Déby dit Mahamat Kaka, puisque vous avez des liens de parenté très étroits ?

Moi je pense que le problème n’est pas un problème familial. Il n’y a aucun problème, on est des parents.

DW : Et est-ce que vous avez un message à adresser à l’endroit du Conseil militaire de transition et particulièrement à l’endroit de Mahmat Idriss Déby ?

Comme je viens de le dire Mahamat Kaka lui il est au courant, s’il est de bonne foi, comme vous le dites, et s’il aimerait faire la réconciliation avec l’opposition extérieure et intérieure, mais la première chose à faire est de libérer les opposants politiques et secundo de livrer les biens qu’ils détiennent encore, tels que la maison familiale qui est occupée par la police nationale et qui fait figure de commissariat. Donc, il faut qu’il y ait des gestes qui montrent qu’il veut le dialogue et en cent jours depuis qu’il est au pouvoir moi, je ne vois pas personnellement un pas vers le dialogue national. Mais moi ce qui m’inquiète pour le moment, c’est le sort, la vie de mon grand frère.

DW : Est-ce que vous ne sollicitez pas l’aide de la France, qui était un des alliés stratégiques du Tchad et qui soutient bec et ongles le Conseil militaire de transition?

Moi je lance un appel à tous ceux qui voudraient nous aider. Quelque soit le pays, quelque soit la personne et surtout aux parents , aux proches, aux amis de Tom Erdimi et toutes les organisations nationales et internationales. Amnesty international, la Croix-Rouge, le HCR … A tout ceux qui voudrait nous aider, on est prêts à accepter leur aide.

DW : Mais vous savez bien que Ibni Oumar Mahamat Saleh, l’opposant disparu depuis 2008, n’a plus jamais refait signe de vie. On a plus de ses nouvelles.

Sa famille sait mieu que moi, je n’ai pas assez n’a pas fait mieux que moi je n’ai pas assez d’informations pour me prononcer dessus. Mais moi je sais que Tom il a été arrêté par des Egyptiens, j’ai des preuves matériels qui sont là qui prouvent qu’il était vivant lorsqu’ils l’on arrêté. Donc si Tom n’existe plus, c’est aux Egyptiens  de le dire.

DW : Ali Erdimi, merci.


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