Les Brèves de N’djaména : Le torchon brûle entre Hinda et Kaka

Pour les initiés du palais rose, la guère au sein des Deby a éclaté bien avant que le corps du défunt ne soit sous terre. Zakaria, qui était à Dubaï lors du décès de son papa, a, à son arrivée précipitée, clairement fait savoir à son demi-frère qu’il n’est pas l’héritier naturel du clan. Un coup de pistolet serait même parti et aurait raté de justesse Kaka. Les premières rumeurs d’un assassinat de Kaka ont comme source cette altération. Ce dernier a sagement temporisé la situation en affirmant aux personnes présentes que son frère serait toujours sous le choc de la perte brutale du patriarche et que son traumatisme n’est que logique pour un esprit fragile.

Depuis lors, la tension n’a pas cessé de monter graduellement. Seydo, petit-frère de Zakaria, l’a par la suite exposée publiquement en créant son propre parti politique. Ce n’est donc plus un secret pour personne que le grand cercle au pouvoir s’est disloqué en plusieurs petits morceaux formés autour de la case maternelle de chacun. Ce qui explique le nombre croissant des personnes issues de la communauté gorane à la présidence. La protection rapprochée de Kaka est d’ailleurs depuis longtemps assurée par ses oncles maternels et surtout de ses demi-frères de même maman. On se rappelle que pour assoir plus son pouvoir, Kaka a récemment brandi ses muscles en renvoyant foudroiement Seydo de son poste de responsabilité comme PCA à l’ADERM.

Kaka n’ignore pas que pour sa survie au palais rose, il ne peut, du moins pas pour le moment, s’en passer complètement de son côté paternel. Ainsi il courtisa ses cousins surtout de la lignée Timan Deby. Sidick, le sultan, avait même été promu gouverneur par décret, doublement décrété en violation des textes en vigueur. Jugé tout de même trop proche du général Abderrahim Bahar, ennemi juré de Tahir Erda, il fut brutalement congédié et ne conserve plus que son titre de sultan. Néanmoins, l’autre fils de T. Deby, réputé plus kakaphile, a été catapulté à la tête des Douanes. Dans sa quête des alliés familiaux, Kaka tendit ses tentacules dans la basse-cour de Hinda.

La veuve nationale, qui n’a jamais porté le petit dans son cœur, n’a pas apprécié et a refusé une première demande de visite de ses enfants chez leur grand-frère au palais. Ainsi Kaka fut obligé de venir en personne vérifier la véracité des faits. Quelle ne fut pas sa surprise lorsque le première Dame lui égrena ses raisons. D’abord, selon elle, les tout-petits ne sont pas au courant que leur père n’y est plus. Secundo ils ne tolèreront pas de voir d’autres enfants occuper leurs chambres à coucher, le décor et les jouets avec. A la question de Kaka ce qu’il pourrait faire quand-même pour elle ? Hinda retorqua sèchement que son avenir à elle et celui de ses enfants sont financièrement plus que assurés donc sa participation n’est pas souhaitée. Elle a sagement fait glisser entre les lignes qu’étant française, la garde des enfants lui revient de plein droit à elle et elle toute seule.

Kaka peut tout de même se consoler. Il a le soutien sans faille de ses tantes paternelles. Seul bémol, elles sont en dégénérescence avancée.

Mahamat Ahmat
N’djaména – Tchad


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