La fin d’un "Midnight Express judiciaire" – Le Monde

Parmi les premières réactions après l’annonce de la grâce accordée, lundi 31 mars, aux six membres de L’Arche de Zoé par le président tchadien Idriss Déby, les proches des ressortissants français ont fait état de leur soulagement, de leur joie mais aussi de leur appréhension, car le volet français de l’affaire n’est pas encore clos.

Antonia Van Winkelberg, épouse du médecin Philippe Van Winkelberg, a assuré être « très heureuse« . « Mais je n’exploserai de joie que lorsqu’il sera dehors« , a-t-elle ajouté. Son mari, actuellement incarcéré à la prison de Draguignan, dans le Var, devrait être libéré, comme les cinq autres membres de l’association, « dans les prochaines heures« , selon la justice française.

« C’est le soulagement, on n’y croyait plus« , a réagi de son côté Anne-Sophie, nièce du pompier volontaire Dominique Aubry. « En revanche, son honneur n’est pas lavé, il a vraiment hâte que tout le volet français se fasse, parce que lui n’est pas mis en examen. Et il a vraiment hâte que la lumière soit faite pour qu’il puisse regarder les gens en face« , a-t-elle poursuivi au micro d’Europe 1.

Hélène Breteau, la mère du président de l’association, Eric Breteau, a également fait part de son soulagement, se réjouissant en particulier du fait que son fils ait également pu bénéficier de la grâce. « Pour les cinq [autres accusés], j’étais sûre que la grâce allait être accordée, mais j’ai eu peur, car j’avais lu dans la presse que pour Eric ce serait une grâce différenciée« , a t-elle déclaré sur RTL. « J’espère sa sortie de prison dans les 48 heures, a-t-elle poursuivi. Il y a la levée d’écrou, il y a des formalités administratives assez longues (…). Aucun d’entre eux, pas même Eric, n’aurait dû passer un seul jour en prison. »

« FAIRE ENTENDRE NOTRE VÉRITÉ« 

Gilbert Collard, l’avocat d’Eric Breteau et d’Emilie Lelouch, a pour sa part déclaré que ses clients et lui « ressentent une joie fatiguée parce que [ils ont] longuement attendu, depuis des semaines (…) entre la certitude et l’incertitude » et qu’il finissaient « par désespérer ». Interrogé sur la suite du feuilleton judiciaire, Me Collard s’est tout d’abord réjoui que les deux membres de l’ONG puissent « retrouver en même temps la liberté de parole et d’action qui nous a manqué depuis le procès du Tchad« . « Cette liberté, on va la mettre à profit pour faire entendre notre vérité qui jusqu’à présent n’a malheureusement pas été entendue« , a-t-il insisté.

Jean-Claude Guidicelli, avocat de M. Van Winkelberg et d’Alain Péligat, logisticien de l’ONG, a également évoqué « un moment intense de joie et d’allégresse » après la fin d’un événement qu’il a qualifié de « Midnight Express judiciaire« . En revanche, l’avocat de l’infirmière Nadia Merimi, Mario Stasi, a regretté une décision qui « arrive peut-être un peu tard« . Mme Merimi, actuellement hospitalisée à Villejuif, « va être heureuse de retrouver sa liberté« , a-t-il assuré.

Le Quai d’Orsay a pour sa part diffusé un communiqué se réjouissant de « la décision du président Déby« , tout en rappelant « que cette triste aventure ne doit pas ternir l’image de l’action humanitaire et de tous ceux qui y consacrent une partie de leur vie« . L’Elysée s’est félicité d’une décision « dans la ligne des entretiens que le président de la République avait eus avec le président Déby« .


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