De retour à New York, Ban Ki-moon estime avoir progressé sur le Darfour – Afp

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, rentrait à New York dimanche à l’issue d’une tournée africaine d’une semaine, avec le sentiment d’avoir progressé dans le dossier du Darfour, même s’il reconnaît que la route est encore longue avant un règlement final du conflit.

Lors d’un entretien avec trois journalistes dont un de l’AFP dimanche matin à Tripoli, M. Ban a déclaré qu’il partait avec le sentiment d’avoir progressé quelque peu à l’occasion de ses visites successives au Soudan, dont le Darfour est une province de l’ouest, au Tchad et en Libye.

« Je crois que nous avons fait un progrès sensible sur la voie de la paix et de la sécurité au Darfour et c’est encourageant« , a-t-il dit. « Mais nous devons poursuivre sur cette lancée, il est encore trop tôt pour dire que nous avons réussi« , a-t-il ajouté.

Il faisait référence d’une part à l’accord réitéré par le gouvernement soudanais à l’envoi d’une force hybride ONU-Union africaine (UA) de 26.000 hommes au Darfour, pour protéger les populations, et à la promesse du président Omar el-Béchir de coopérer à son déploiement rapide et efficace.

Cet accord a été très difficile à obtenir, nécessitant de longs mois de négociations et l’engagement personnel de M. Ban. Après un premier accord formel de M. Béchir, le Conseil de sécurité a adopté une résolution fin juillet prévoyant ce déploiement.

Le chef de l’ONU parlait d’autre part de la reprise des négociations de paix au Darfour entre le gouvernement soudanais et les groupes rebelles, annoncée pour le 27 octobre en Libye.

Lors du passage à Khartoum jeudi du secrétaire général, le président Béchir a donné son accord à cette relance des pourparlers de paix intersoudanais.

Vendredi à N’djamena et samedi à Syrte, M. Ban a également obtenu le soutien à cette conférence du président tchadien Idriss Déby Itno, puis du numéro un libyen Mouammar Kadhafi.

Ce dernier, qui l’a reçu pendant 90 minutes, dont près d’une demi-heure en tête-à-tête, sous une tente près de sa ville natale de Syrte (500 km à l’est de Tripoli), a promis de faciliter ces négociations et d’aider son émissaire chargé du volet politique du dossier du Darfour, Jan Eliasson, à convaincre tous les chefs rebelles d’y participer.

« Nous devons faire de cette future négociation politique l’étape ultime vers un règlement final« , a-t-il réitéré. « C’est mon engagement et le ferme soutien de la Libye et d’autres acteurs régionaux est très encourageant. Maintenant, le défi est d’amener toutes les parties à la table du dialogue« , a-t-il dit.

La coopération des « acteurs régionaux » (Egypte, Erythrée, Libye et Tchad) sera discutée lors d’une réunion de haut niveau sur le Darfour à New York le 21 septembre, a-t-il précisé.

La relance du processus politique pour le règlement du conflit avait été décidée en juillet à Tripoli, à l’issue d’une conférence internationale sous l’égide de l’ONU et de l’UA.

Huit factions rebelles se sont ensuite entendues début août à Arusha (Tanzanie) sur une « plateforme » commune de revendications en vue de pourparlers avec Khartoum.

Mais un influent dirigeant rebelle, Abdulwahid Nour, qui vit en exil à Paris, a boycotté la réunion.

Plusieurs chefs rebelles, dont M. Nour, ont des liens avec la Libye.

A N’djamena, M. Ban a également obtenu le soutien formel du président Déby au déploiement d’une force mixte ONU-Union européenne composée de policiers et de soldats, pour sécuriser les camps de réfugiés dans l’est du Tchad et le nord de la République centrafricaine. Ces « personnes déplacées » ont fui leurs villages à cause du conflit au Darfour voisin.

Quatre ans et demi après son déclenchement en février 2003, le conflit au Darfour, qui a fait 200.000 morts et plus de deux millions de déplacés selon l’ONU, se poursuit avec son lot quasi-quotidien de violences. Khartoum conteste ces chiffres, parlant de 9.000 morts


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