Tchad: combats entre rebelles et armée, le gouvernement accuse Khartoum – Afp

Des combats ont éclaté mardi dans l’extrême est du Tchad entre des rebelles et les forces gouvernementales, deux mois après l’offensive ratée des groupes armés hostiles au président Idriss Deby Itno qui ont failli le renverser à N’Djamena.

Dans un communiqué, le ministère tchadien de la Défense a accusé, comme par le passé, le Soudan voisin d’être à l’origine de ces nouveaux affrontements, malgré la signature le 13 mars à Dakar d’un énième accord de paix par le président Deby et son homologue soudanais Omar el-Béchir.

« Ce mardi 1er avril 2008 à 06H40 (05H40 GMT), en violation des différents accords signés, notamment celui de Dakar, les mercenaires (rebelles, NDLR) ont franchi la frontière sur ordre du régime soudanais pour attaquer la localité d’Adé« , a affirmé le ministère tchadien de la Défense.

« Les forces gouvernementales ont repoussé l’ennemi, qui est en pleine débandade« , a-t-il ajouté.

L’Alliance nationale (AN), qui réunit la plupart des groupes rebelles tchadiens, avait auparavant affirmé avoir été « attaquée » mardi matin par les forces régulières dans la région d’Adé, localité frontalière du Soudan.

« Il y a des combats vers Adé et ils sont toujours en cours« , a déclaré le porte-parole de l’AN Ali Gadaye, joint sur téléphone satellitaire depuis Libreville.

« Les forces gouvernementales sont arrivées, elles nous ont attaqués, nous avons attaqué à notre tour et nous occupons maintenant Adé« , a précisé un autre responsable rebelle qui a requis l’anonymat, assurant que les affrontements se poursuivaient vers 10H00 (09H00 GMT).

La localité d’Adé se trouve à environ 150 km au sud-est d’Abéché, principale ville de l’est tchadien, qui accueille une base militaire française ainsi que le QG de la force européenne (Eufor) déployée pour protéger notamment les réfugiés soudanais du Darfour voisin.

Les 2 et 3 février, après avoir traversé le pays en provenance de leurs bases arrière soudanaises en moins d’une semaine, les rebelles tchadiens avaient attaqué N’Djamena, acculant le président Deby dans son palais.

Ce dernier les avait repoussés in extremis, notamment avec un soutien militaire de la France qui avait acheminé des munitions aux forces régulières et protégé l’aéroport de la capitale, permettant aux hélicoptères de l’armée tchadienne de décoller et d’ouvrir le feu sur les rebelles.

« Nous n’avons pas prévu de descendre sur N’Djamena (à 800 km à l’ouest de la frontière soudanaise) dans l’immédiat, sauf si la débâcle de l’armée est rapide« , a expliqué le responsable rebelle sous couvert de l’anonymat.

L’AN, dirigée par le général Mahamat Nouri, un proche de l’ex-président Hissène Habré renversé en 1990 par Idriss Deby, mais aussi ex-ministre de la Défense de ce dernier, a vu le jour fin février.

Cette coalition a déjà été traversée par des dissensions internes portant notamment sur l’influence du Soudan voisin, parrain traditionnel des rebelles tchadiens ces dernières années et instigateur, selon des experts, du raid de février.

Dans l’accord de Dakar, Khartoum et N’Djamena s’étaient engagés « à interdire toutes activités de groupes armés et à empêcher l’utilisation de (leurs) territoires respectifs pour la déstabilisation de l’un et l’autre de (leurs) Etats« .

Le Tchad a appelé mardi les médiateurs, notamment le Sénégal, le Gabon, le Congo et la Libye, « à prendre leurs responsabilités pour faire cesser toute agression qui pourrait avoir des conséquences imprévisibles« .


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