Les Brèves de N’djaména : Un membre du RFC s’exprime

Interrogé par notre Rédaction sur la conférence qui vient de se tenir au QG du RFC, un des responsables du RFC résumé l’état d’esprit de la Conférence et les décisions prises: « La Conférence statutaire du RFC, réunissant tous les cadres militaires et civiles, s’est tenue dans la région du Dar Tama du 27 au 30 mars. Outre des nombreux problèmes qui concernent la vie du mouvement, le RFC a réaffirmé sa stratégie militaire et politique».

Le priant d’être un peu plus clair, surtout sur les rumeurs du ralliement de quelques membres du RFC, notre interlocuteur enchaina : « Beaucoup des personnes, ignorant ce qui se passe réellement au sein des différents groupes et la réalité du terrain, ont beaucoup épilogué sur un éventuel ralliement du RFC à Deby depuis son refus de faire partie de la nouvelle alliance. Ce que bon nombre ignorent surtout, c’est que le RFC est absolument libre de ses choix ; il n’est ni téléguidé et ne lutte pas sur commande. Ce soi-disant ralliement est au centre de toutes les conversations mal intentionnées depuis les premières désertions en 2005. Depuis lors, beaucoup ont rallié Deby, par groupe, mais le RFC, continue son combat …»

Questionné sur la décision du RFC à ne pas se joindre à la nouvelle alliance, il continua : «  »Le refus du RFC de faire partie de l’AN est intervenu après le retrait de Ndjamena, au cours des discussions franches et fraternelles entre les différents groupes politico-militaires qui ont eu à opérer et coopérer dans les moments les plus difficiles. Au cours de cette rencontre, au-delà des textes et des paroles destinés à la consommation publique, il est apparu des divergences de fond et de forme. D’abord, comment combattre Deby et surtout la nature du pouvoir qu’on veut mettre en place après Deby, et comment solder le passif de Deby et de Habré. Les discussions n’ayant pas abouti la séparation était fraternelle tout en gardant des contacts pour des mouvements futurs concertés.
Cette prise de position de la part du RFC dérange un bon nombre des individus qui pensent utiliser la détermination et la combativité légendaires des vaillants combattants du RFC pour leurs propres desseins ou pour leur servir des boucliers humains. Ceux qui veulent combattre le système Deby doivent d’abord compter sur leur propre force et leur conviction. Le Rfc ne sera le nègre de personne ni le nègre et continuera à lutter contre le régime honni de Deby, par tous les moyens et avec tous les citoyens ayants de nobles idéaux et la même détermination que lui, pour le Tchad » ».

En voulant plus savoir sur les nouvelles stratégies du RFC et surtout sur les décisions prises lors de la conférence, il clôtura notre conversation en ces termes : « La Conférence a abordé le problème de la paix. Le RFC reste toujours ouvert à toute solution pacifique de la résolution de la crise du Tchad. Le RFC ne s’engagera pas dans des négociations qui ne prennent pas en compte la vraie dimension de la crise tchadienne et qui ne réunisse pas in fine tous les acteurs politiques tchadiens. Dans ce cadre, tout en exprimant sa disposition de rencontrer les représentants du gouvernement tchadien, le RFC n’a eu jusqu’à ce jour aucune invitation officielle de qui que ce soit et laquelle invitation doit garantir le transfert et la sécurité au cas d’un éventuel déplacement des membres du RFC ».

Opposants politiques, la France a-t-elle fait le tri ? Les informations qui se filtrent depuis l’arrestation des opposants politiques tendent à corroborer ce que Tchadactuel répétait depuis le début : l’Ambassadeur de France et son Conseiller défense sont à la base des arrestations et ont suivi de près et participé de la suite. C’est ainsi qu’on apprend que le Gl Kamougué a été exfiltré par les services français et mis en lieu sûr ; plus tard les mêmes services ont demandé à Deby de lâcher LOL avec toute la mise en scène à laquelle on a assisté. Les français n’ont rien vu, rien entendu pour Ibni et Yorongar. Ibni est probablement décédé selon le scenario décrit par Yorongar. Voyant que l’arrestation des opposants prend de l’ampleur au niveau international, Deby et ses commanditaires décident de libérer le seul survivant. Yorongar est donc déposé devant sa porte, ce qui a poussé au Crieur National (le ministre de l’intérieur) de déclarer en direct sur RFI que Yorongar est chez lui ; ce que le crieur n’a pas compris, c’est que Yorongar n’avait pas franchi la porte de sa maison mais rebroussé chemin et traversé le Logone.

Du Rififi au sein du Clan – Plus le jour de débarquement de la rébellion s’approche, plus l’entourage de Deby s’entredéchire. D’abord rien ne va plus entre le Ministre de la Défense, Mahamat Ali Abdallah et son CEMGA, Abderahim Bahar. C’était prévisible. Ensuite Deby a eu des propos très dures à l’endroit de son Ministre de la Défense ; ce dernier a eu l’imprudence de rencontrer lors de son séjour sanitaire à paris, des représentants et sympathisants de l’UFDD. On ne sait jamais, un homme sans conviction joue souvent sur plusieurs tableaux, mais cela n’est pas du gout de Deby. Mahamat Ismaël Chaibo à qui Deby a promis le Ministère de la Défense est désormais rebelle. Tous les ténors du régime, une fois hors du Tchad ne ratent aucune occasion pour accabler leur patron Deby, mais les propos de Chaibo étaient d’une virulence inouïe.

Entre Deby et Eldjinedi, la confiance est totale – Deby, en petit comité a donné des instructions sur la tactique à adopter en cas d’attaque rebelle. « L’AN, va attaquer très bientôt, et malgré nos contacts avec le RFC, il y a un accord formel entre les différents groupes, et le RFC va aussi attaquer, alors il ne faut engager aucun combat hors de N’djamena. Abéché est défendu pas les français et l’Eufor. Comme en février, laisser les venir à N’djamena et comme en février, ils vont repartir, cette fois-ci pour tout de bon. Il ne faut donner ni des véhicules, ni des armes lourdes aux arabes, ils vont, soit regagner les rebelles, soit fuir avec les vehicules au Soudan, ce sont tous des djandjawids, ils n’ont personne au Tchad. Il faut les brasser et leur donner uniquement les armes d’assaut». Décidément la confiance règne.

Beremadji Félix
N’djaména


Commentaires sur facebook