Les Brèves de N’djaména: Le MJE s’établit à Am Djeress

Le MJE a déménagé à Am Djeress, le puits où serait né Deby et que ce dernier a fait la capitale de la Préfecture de Wadi Hawar. Deby fait d’une pierre deux coups. Les éléments du MJE étaient devenus une calamité pour les ndjamenois et leurs camps à Amsinéné et Pont Bélilé, étaient des preuves palpables pour l’opinion internationale sur l’implication de Deby dans le conflit du Darfour; alors il faut armer le MJE loin des yeux.

Contre toute logique Deby veut ériger Am Djeress, capitale du département, en lieu et place de Bahaï, place forte de Timan Deby. En établissant MJE à Am Djeress, Deby veut donner un semblant de vie, d’activité au puits dont le passage du dernier chameau y ayant été abreuvé date des années 80.

Rectificatif – Une ONG qui traque les biens mal acquis des dirigeants africains a signalé à Tchadactuel que, contrairement à ce qui était annoncé, IDI dispose plusieurs biens immobiliers en France et ceci depuis plusieurs années : un petit appartement, au nom de sa première épouse, achetée ou arrachée d’un homme d’affaires tchadien ; une grande villa sur la cote d’Azur, au nom de son ex-épouse, Wazina, acquise par l’intermédiaire d’un ivoirien du nom de Diawara, un hôtel particulier dans le 16ème, présentement en location acquis par l’intermédiaire d’un homme d’affaires (architecte) sénégalais. En outre la même ONG a répertorié plus de 83 appartements, villas ou hôtels particuliers, appartenant aux proches de Deby ou de son régime, à travers toute l’Europe. Tous ces biens immobiliers ont été acquis entre 2006 et 2008.

Deby sur tous les fronts – le délogement des squatters prend des dimensions dramatiques. A l’endroit des rares personnes qui l’ont reproché de cette initiative, Deby a eu des propos très durs. « Je vous ai laissés sucer les seins du Tchad pendant 18 ans, si vous n’êtes pas rassasiés, alors tant pis pour vous, il est temps que les choses redeviennent normales ». Certains lui ont fait connaître que parmi les délogés, il y a les familles des militaires qui sont sur le front. Et, alors ?, avait rétorqué Deby. Les zaghawa qui me soutenaient sont morts, les autres sont tous des rebelles ou des sympathisants des rebelles. Je n’ai plus d’alliés parmi les zaghawa et ne me parlez plus d’eux. D’ailleurs ils ne peuvent rien me faire plus qu’ils n’en ont fait et je ne peux rien leur donner plus que j’en ai donné. A N’djamena, ceux qui commençaient à grogner ont reçu des avertissements sans appel : toute contestation est une rébellion contre le pouvoir. Ceux des militaires ayant décidé d’évacuer leurs familles aux villages, ont vu leur déplacement interdit. Il en est de même des militaire au front, qui ont demandé de venir chercher leurs familles, parce que jetées dans la rue. Interdiction stricte de venir à N’djamena. La gare routière est sous surveillance de la GR, tandis que les laissez-passer ne sont délivrés qu’à des personnes jugées sûres. On murmure à N’djamena que bientôt toute rentrée ou sortie de la capitale soumise à un contrôle strict ou à une autorisation.

Beremadji Félix
N’djaména


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