Darfour: le blocage est dû aux violences et aux tensions Soudan-Tchad, selon l’ONU – Afp

L’émissaire de l’ONU pour le Darfour a imputé mardi le blocage politique dans cette région soudanaise en guerre civile à la poursuite des violences et aux tensions entre le Soudan et le Tchad voisin.

« Nous ne sommes malheureusement pas parvenus à faire progresser le processus politique ces derniers mois en raison de facteurs indépendants de notre volonté« , a déclaré Jan Eliasson lors d’une conférence de presse à Khartoum.

De nouvelles violences ont éclaté en février dans le Darfour-Ouest, une région frontalière du Tchad, entre l’armée soudanaise soutenue par des milices locales et les rebelles.

Les relations entre le Tchad et le Soudan restent tendues, les deux pays s’accusant mutuellement d’avoir violé l’accord de paix conclu récemment.

« L’escalade des hostilités (au Darfour-ouest) a rendu difficile notre tâche visant à faire progresser le processus politique« , a dit M. Eliasson, reconnaissant que d’importants pourparlers qui auraient dû déjà commencer avaient été « reportés« .

Selon lui, une normalisation des relations entre le Tchad et le Soudan est « cruciale » pour créer un processus politique crédible pour le Darfour, une région de l’ouest du Soudan, appelant tous les pays influents à « faire leur possible » pour obtenir une amélioration de ces relations.

M. Eliasson et son homologue de l’Union africaine, Salim Ahmad Salim, qui se trouve également à Khartoum, ont souligné la nécessité de pourparlers de sécurité impliquant des partenaires régionaux et observateurs internationaux pour obtenir une cessation des hostilités au Darfour.

M. Salim a cependant affirmé que la date et le lieu de telles discussions n’avaient pas été décidés. « Seulement après de telles consultations nous serons en position de prendre une décision définitive« .

Le processus de paix parrainé par l’ONU n’a pas avancé depuis son lancement en octobre en Libye et son boycott par des factions rebelles du Darfour.

Des pourparlers réunissant des partenaires régionaux et des observateurs internationaux se sont tenus en mars à Genève sans la participation du gouvernement soudanais ni des rebelles.

Le conflit et ses conséquences humanitaires ont fait quelque 200.000 morts en cinq ans et quelque 2,2 millions de déplacés sur une population de six millions d’habitants, selon des organisations internationales. Khartoum conteste le chiffre des victimes parlant de 9.000 morts seulement


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