Les Brèves de Ndjamena : TRIPOLI, premier couac

TRIPOLI, premier accroc – Les rebelles ont appris, des sources sûres, les dernières ultimes confidences de Deby par rapport à la paix, avant le départ de sa délégation pour Tripoli : « je préfère dépenser 100 milliards de CFA pour détruire militairement les rebelles, que de faire la paix avec en ne dépensant qu’un milliard de CFA », dixit Deby.

Fort de ces renseignements, les rebelles ont posé, à la reprise des travaux au matin du samedi, des préalables pour plus de crédibilité et de garantie, relatifs à la participation aux négociations les partis politiques d’opposition et la société civile, et la présence des organisations internationales.

La partie gouvernementale a d’abord immédiatement rejeté la proposition sans avancer les raisons convaincantes ; acculée par la solidité de l’argumentation des rebelles, la délégation gouvernementale, visiblement convaincue de la justesse de la position des rebelles, mais interdite de sortir d’un canevas préalablement tracé, a tourné en rond en répétant inlassablement la même phrase en changeant tout simplement le sujet de celle-ci. Le Ministre de l’intérieur qui a pris la parole à sept reprises a répété : (Nous, la partie gouvernementale, la délégation ici présente, Ndjamena, Je, le Président Deby) pense (pensons) qu’il faut s’entendre d’abord entre nous ici avant de faire venir les autres.

Et pourquoi ne pas s’entendre avec tous les autres ? En quoi la présence des autres parties (partis politiques et société civile) est gênante ?

Les rebelles par la voix de leur porte parole ont rétorqué à chaque intervention du Ministre de l’intérieur : quand nous faisons la guerre, nous n’avons jamais demandé la présence des partis politiques ni celle de la société civile autour d’une quelconque table; mais ici nous sommes en négociations politiques et tous les acteurs politiques doivent y prendre part pour régler définitivement nos problèmes et ce, en présence des observateurs internationaux et sous leur garantie. Ceux qui refusent la présence des partis politiques ne sont pas venus alors pour négocier.

Blocage ! Il faut aller voir le Guide ; la séance est suspendue, elle reprendra le dimanche.

Abbas Mahamat Tolli – La sortie fracassante du Ministre des finances par rapport au soi-disant déficit budgétaires, étonne. Naïveté ? Supercherie ? Divertissement ? En tout cas il est très mal placé pour attirer l’attention de qui ce soit, car il est responsable au même titre que son oncle de Président quant à la gestion de gabegie, aux multiples détournements des revenus pétroliers. Pourquoi demander de l’aide ou crier sur les toits d’autrui, quand la solution est entre ses propres mains. Décidément le ridicule ne tue pas chez les Deby.

Villa des hôtes derrière le Palais de 15 – Les ndjamenois ont longtemps ignoré ce qui se construisait derrière le palais du 15. Ni celui qui construisait. Alors les spéculations fusaient de toutes parts. « C’est un truc inventé par Deby pour encore détourner de l’argent », ont conclu les plus pessimistes. En réalité on n’est pas loin de la vérité. Il s’agit de la construction des villas des hôtes, projet qui n’est prévu dans aucun programme du gouvernement. La société responsable du projet est italienne, dirigée par un certain Roberto. La meilleure : selon des sources concordantes, la société en question appartiendrait à un certain Younousmi ! Ah, ceci explique cela !

Beremadji Félix
N’djaména


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