Les Brèves de N’djaména : Gouvernement d’YSA, constats et commentaires (2).

Mahamat Ali Abdallah à l’Elevage. C’est le dernier point avant la chute finale ; tous ceux qui ont occupé ce poste peuvent le témoigner. Tous les serments de fidélité et d’allégeance de Mahamat Ali n’ont pas convaincu Deby. Mahamat Ali avait eu des propos très durs envers son patron lors de son dernier passage à Paris où il a rencontré beaucoup du monde y compris celui de l’opposition.

Mahamat semble avoir oublié que beaucoup de ces interlocuteurs, y compris les européens, rapportent directement à Deby. Lors d’une des nombreuses réunions de la famille, le sort de Mahamat Ali fut scellé, depuis que les proches de ce dernier ont commencé à prendre de l’importance au sein de l’armée en qualité et quantité. Les proches de Deby sont fermement convaincus que Mahamat Ali « prépare quelque chose », alors que l’intéressé lui-même, le coran à la main, ne fait que jurer devant n’importe quel parent de Deby. Mais apparemment ça n’a pas suffi. « Mahamat Ali est le dernier caillou dans notre chaussure », avait tonné le « Sultan » Timan au cours de la réunion familiale. L’Elevage risque d’être le dernier poste gouvernemental de Mahamat Ali, au moins… au moins qu’il fasse « quelque chose » d’ici là.

Abbas Mahamat Tolli, out. C’est la décision de la famille. Il n’y a rien à faire désormais aux finances car celles-ci sont gérées directement par Deby. Abbas doit gérer et mettre de l’ordre dans tous les biens immobiliers et financiers mal acquis de la famille et doit incessamment quitter N’djamena pour s’installer au Canada, en Malaysie ou en Tunisie. Si la prochaine offensive de la rébellion échoue, Abbas reviendra et sera nommé DN à la BEAC N’djamena, si l’offensive perturbe le pouvoir, il continuera, à partir de l’étranger, à gérer et blanchir l’argent volé et s’occuper des enfants de son oncle établis en Europe, Tunisie et Malaysie.

Le Perroquet national, maintenu. YSA a fait une timide tentative pour le dégommer : « il n’est pas … très représentatif … au Ouaddaï, et … il est catalogué centrafricain, malgré … sa proximité avec le Cheikh Adam Barka, ensuite …. Il est, enfin ; très discrédité, voyez-vous, M. le Président ». « Je ne vois rien ! » a rétorqué Deby sèchement et ajouté « toi-même, es-tu représentatif du Ouaddaï ? Hein ? Qui ne connaît pas qui ? Ahmat Bachir reste au Gouvernement et à son poste tant que je suis vivant. Il est le plus fidele de tous et le plus courageux, il fonce là où les autres hésitent, dit clairement et sans ambigüités ce qu’il faut dire là les autres balbutient et le seul encore à correctement et fidèlement interpréter et traduire mes pensées. Ahmat reste au gouvernement, sinon… », « Non ça va M. le Président, il reste. Personnellement je n’ai aucun problème avec lui, c’est un frère et ami. Aucun problème, il reste et restera même après moi », a conclu le PM.

Mahamat Hissène aux Communications. On pourrait dire c’est l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. C’est nettement mieux pour lui que le Cabinet où il avale à la longueur des journées des couleuvres et où il ne faisait que du figurant sous l’ombre d’un Mahamat Saleh Adoum omniprésent. Mais attention ! Les journalistes qui ont occupé ce poste ont été les plus liberticides et surtout les plus répressifs vis-à-vis de la presse écrite et parlée indépendantes. Mahamat Hissène pourra-t-il éviter ce piège ? Kabadi out. Chez Deby la géopolitique est à géométrie variable. Pour ce qui concerne le Nord, deux ou voire trois du même clan peuvent faire partie d’un même gouvernement, tandis que pour le Sud, c’est un par région ! Ainsi peut-on penser que c’est l’arrivée de Kamougué qui chasse Kabadi qui va atterrir très vraisemblablement à la Cotontchad. Younousmi, maintenu. Malgré tous les efforts d’un Daoussa Deby, toujours à la recherche de la tête de Younousmi, malgré des réconciliations de façade sous l’égide du Gl Daggache, Deby a maintenu Younousmi, en lui baissant un tout petit peu de niveau. Younousmi, est l’homme par l’intermédiaire de qui tout l’argent du pétrole est drainé vers Deby, et aucun autre ne saura mieux et intelligemment faire. Alors Deby ne peut pas se séparer de Younousmi qui conserve les infrastructures, vache à lait du clan.

Allam Mi, out ; Mahamat Saleh Adoum, au cabinet ; Nasser, retour ; Mallah, aux finances, Garfa, out ; etc. (A suivre)

Beremadji Félix
N’djaména


Commentaires sur facebook