Le principal groupe rebelle tchadien dénigre l’ouverture de Déby – Reuters

Le principal mouvement rebelle tchadien a dénoncé lundi comme une ruse la décision du président Idriss Déby d’ouvrir la semaine dernière son gouvernement à quelques-uns de ses adversaires politiques.

« Pour nous, ça ne change absolument rien« , a confié à Reuters Ali Gadaye, porte-parole de l’Alliance nationale, un des trois groupes qui ont participé début février à l’attaque contre N’Djamena pour tenter de renverser le régime de Déby, au pouvoir depuis 18 ans.

A la suite de cette attaque, qui avait été repoussée par ses fidèles au prix de combats qui ont fait plus de 700 morts, Déby avait nommé en mars son conseiller aux affaires étrangères Youssouf Saleh Abbas à la tête d’un nouveau gouvernement.

Celui-ci avait aussitôt lancé aux groupes rebelles un appel à des négociations de paix et il a fait entrer la semaine dernière à des postes en vue au sein du gouvernement des opposants de la Coordination des partis politiques pour la défense de la constitution (CPDC).

Gadaye a minimisé cette ouverture politique du président tchadien: « Le dialogue pour lui, c’est le ralliement et nous, nous ne sommes pas prêts à nous rallier à Idriss« .

Le porte-parole rebelle a notamment minimisé l’importance de l’entrée au gouvernement comme ministre de la Défense de l’ancien général de gendarmerie sudiste Wadal Abdelkader Kamougue, un des artisans du coup d’Etat qui a renversé en 1975 le premier président du pays, Francois Tombalbaye.

Selon lui, Déby n’a fait entrer des opposants politiques au gouvernement que pour se donner un ballon d’oxygène face aux pressions de la communauté internationale l’exhortant à démocratiser son régime. Mais « il ne veut pas parler d’une réconciliation nationale qui remettrait en cause son régime. »


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