Français tué au Tchad: l’enquête se poursuit, le corps rapatrié dimanche – Afp

Le corps de Pascal Marlinge, le Français travaillant pour l’association humanitaire Save the Children qui a été tué jeudi par balles par des « coupeurs de route » dans l’Est du Tchad, sera rapatrié en France dimanche matin, a-t-on appris samedi de source aéroportuaire.

Rama Yade, la secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme, sera présente au pavillon d’honneur de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, à 08H00 dimanche matin, pour accueillir le corps, selon la même source.

Le corps devrait ensuite être transféré à Seilhac (Corrèze), un village à une quinzaine de kilomètres au nord de Tulle où Pascal Marlinge vivait avec sa femme et ses deux filles, âgées de 16 et 25 ans.

Pascal Marlinge, 49 ans, a été abattu jeudi « par un groupe d’hommes armés » alors qu’il « se trouvait dans un convoi de trois voitures, avec un chauffeur de Save the Children et deux véhicules d’une autre agence humanitaire« , a indiqué l’ONG basée à Londres.

« Un tir, ou des tirs, ont été effectués et M. Marlinge a été tué. Les quatre autres travailleurs humanitaires sont indemnes« , a ajouté l’ONG. Des membres de l’Unicef faisaient partie du convoi.

L’enquête s’est poursuivie vendredi sur les circonstances du meurtre jeudi de cet humanitaire français de 49 ans, alors qu’agences onusiennes et ONG ont provisoirement suspendu leurs activités en signe de protestation et de solidarité.

La gendarmerie tchadienne enquêtait vendredi sur le terrain après avoir retrouvé jeudi soir à plus de 100 km du lieu de son assassinat le véhicule de l’ONG Save The Children où travaillait Pascal Marlinge. Celui-ci a été abattu alors qu’il faisait partie d’un convoi humanitaire de trois véhicules qui reliait Farchana à Hajir Hadid (à une trentaine de kilomètres au sud), près de la frontière soudanaise, dans un secteur très instable, voisin du Darfour en proie à une guerre civile et où sont installés de nombreux camps de réfugiés.

« Avant leur départ, il était prévu une escorte pour accompagner ce convoi, malheureusement, cette ONG a décidé de partir sans escorte, et elle est tombée entre les mains de bandits de grand chemin« , a expliqué le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique Ahmat Mahamat Bachir.

Mahamat Saleh Khayar, le secrétaire général de la région du Ouaddaï, dans l’est du Tchad, où sont situées les localités de départ et d’arrivée prévue du convoi, a nuancé ces propos: « (Nous avons) des problèmes avec les humanitaires » qui « par principe refusent les escortes que nous leur proposons« .

La région est particulièrement instable. Pascal Marlinge, chef de mission de l’ONG basée à Londres, est le deuxième humanitaire tué en moins de six mois dans la zone, après la mort d’un chauffeur tchadien d’une ONG en décembre dans le même secteur.

Un soldat de l’Eufor, la force européenne déployée dans la région ainsi que dans le Nord-Est de la Centrafrique, a également été tué debut mars lors d’un accrochage avec l’armée soudanaise.

« Le gouvernement prendra toutes les dispositions nécessaire pour traquer tous les bandits de grand chemin et autres coupeurs de route qui écument cette zone« , a promis le ministre, demandant toutefois à « l’Eufor et la MINURCAT (Mission des Nations unies en République centrafricaine et au Tchad, chargée notamment de la formation des policiers et de la sécurité des camps de réfugiés) de s’organiser pour protéger et assurer la sécurité des réfugiés dans les camps et autour des camps« .

Les agences onusiennes et les ONG ont suspendu pour deux jours leurs « activités humanitaires » afin de « protester contre la détérioration de la sécurité à l’est du Tchad, et réitérer leur solidarité avec les familles et collègues de toutes les victimes de cette insécurité« , selon un communiqué du Coordonnateur des opérations humanitaires des Nations unies au Tchad, M. Kingsley Amaning.

« Notre pensée se tourne aussi vers les familles et les proches des victimes« , ajoute le communiqué.

En France, l’épouse de M. Marlinge, Isabelle, a assuré que son « mari était quelqu’un de très professionnel qui attachait une grande importance à la sécurité. Il ne s’est pas mis en danger, il ne mettait pas en danger les personnes qui travaillaient avec lui« .

« Il travaillait pour une organisation anglaise, Save the Children« , a-t-elle insisté pour qu’il n’y ait aucune confusion avec l’association Arche de Zoé qui opérait au Tchad sous le nom de l’organisme Children Rescue. Elle a aussi souligné que son mari « n’était pas visé parce qu’il était Français« .

Agé de 49 ans, M. Marlinge, était père de deux filles de 25 et 16 ans. La famille résidait à Seilhac, un village du centre de la France.


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