Tchad: l’opposition réintègre le comité de suivi de l’accord du 13 août – Afp

La principale coalition de l’opposition tchadienne a décidé lundi de réintégrer le comité de suivi d’un accord conclu le 13 août 2007 avec le pouvoir, qu’elle boycottait depuis la « disparition », le 3 février, de son porte-parole Ibni Oumar Mahamat Saleh.

« La Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC) décide de la reprise des activités de ses représentants au sein du comité de suivi et d’appui de l’accord du 13 août 2007 », déclare la coalition dans un communiqué.

Elle justifie ce choix « par la volonté de respecter les termes dudit accord et par souci de s’assurer de l’exécution intégrale des dispositions de cet accord afin de restaurer la sécurité et la paix durables, conditions indispensables pour l’organisation d’élections libres, transparentes et démocratiques ».

Quatre membres de la CPDC ont intégré le 23 avril le nouveau gouvernement tchadien.

La décision d’entrer au gouvernement n’avait pas fait l’unanimité au sein de la coalition. Mais, une fois entérinée, la « suite logique » était, selon plusieurs opposants, le retour au sein du comité de suivi de l’accord du 13 août, conclu sous le parrainage de l’Union européenne (UE) en vue d’un « renforcement du processus démocratique au Tchad » et avec en ligne de mire des élections libres et transparentes à l’horizon 2009.

Toutefois, dans son communiqué, la CPDC « réitère sa pressante revendication relative à la libération immédiate de son porte-parole ».

Selon des témoignages concordants, Ibni Oumar Mahamat Saleh a été arrêté le 3 février à N’Djamena par les services de sécurité tchadiens à la fin d’une attaque rebelle qui a failli coûter le pouvoir au président Idriss Deby Itno.

Deux autres opposants arrêtés dans les mêmes conditions ont depuis recouvré la liberté, mais le porte-parole de la CPDC est toujours porté « disparu », et les autorités nient le détenir. Plusieurs membres de l’opposition estiment, sous couvert de l’anonymat, qu’il est mort.

« En entrant au gouvernement et en réintégrant le comité de suivi, nous faisons notre deuil d’Ibni », reconnaît l’un d’eux.

Après l’attaque rebelle, la CPDC avait suspendu sa participation à cette instance, que dirige l’ex-président et actuel opposant Lol Mahamat Choua, réclamant une « libération immédiate et inconditionnelle » d’Ibni Oumar Mahamat Saleh et une commission d’enquête indépendante et internationale sur les arrestations du 3 février.

Seule une commission d’enquête tchadienne, critiquée par l’opposition et des défenseurs des droits de l’Homme, a été mise en place à ce jour par le président Deby.


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