Les Brèves de N’djamena : Visas, refusés !

Une délégation tchadienne conduite par le tout nouveau Dircab était en route pour la Suisse, via Paris. La délégation était chargée de remettre un titre diplomatique (Consul Honoraire du Tchad) à un citoyen suisse du nom Hafiz Ruiffin, profession : trafiquant d’armes. Il s’agissait pour les envoyés de Deby de consolider la nouvelle filière d’achat d’avions civils qui seront reconvertis plus tard en avion de combat.

M. Ruiffin avait déjà effectué un déplacement au Tchad, rencontré Deby et eu la promesse de sa nomination. Dans la foulée et sur sa suggestion, son contact, Mahamat Saleh Adoum, a été promu. La mission de Suisse était donc de parachever les termes d’un contrat juteux pour les uns et les autres. La Suisse, très remontée contre le Tchad pour non tenu des engagements précédents, a mis un holà à la mission. Bien que munie d’un ordre de mission, avec mention « Mission officielle » signée de la « propre » main de Deby, la délégation s’est vue refuser net le visa d’entrée en suisse. C’est une première dans l’histoire des relations internationales : un pays qui a des relations diplomatiques avec le Tchad, refuse l’entrée des officiels, et surtout du Cabinet du Président, munis des documents officiels, refuse le visa d’entrée. « Ce sont des trafiquant et non des officiels », semblent dire les suisses. Voilà l’image du Tchad !

La Banque Mondiale, timidement – Aux Sessions du printemps de la BM et du FMI à Washington, La délégation tchadienne conduite par l’ancien ministre des finances a été désagréablement surprise d’être interpellée sur la gestion des revenus pétroliers en particulier et sur les finances publiques en général. Tous les responsables de deux institutions ont pratiquement boudé la délégation tchadienne. Remise entre les mains des techniciens, la délégation a été proprement malmenée tel un coupable pris en flagrant délit. Un technicien a pris un malin plaisir d’humilier publiquement notre grand argentier : « M. le Ministre, le Tchad, a acheté pour 674 millions de dollars US des armes, pendant les six derniers mois, pourriez-vous nous confirmer ces informations, sans rentrer dans les détails du « Secret défense? ». « Je ne suis pas au courant », a lâché notre argentier. « Pas au courant de quoi ? De la sortie de 674 millions de dollars ou leur destination ? ». « Du tout », continua l’argentier. « Vous êtes finalement le Ministre de quoi alors ! », conclu l’insolent technicien de la BM.

Abbas Mahamat Tolli, candidat ? – Un malheur ne vient jamais seul. Savonné et humilié par les techniciens de la BM, l’argentier tchadien errait dans les couloirs du Bâtiment de l’Avenue de Pennsylvanie, quand il a appris qu’il n’est plus le grand argentier du Tchad. Le Monsieur a tout simplement paniqué, pris dans un désarroi digne des petits gens grossis artificiellement. Les techniciens du Ministère qui l’accompagnaient ont même eu pitié de lui. Après la fin des sessions, il demanda à ceux qui l’accompagnaient de rentrer au pays et que lui, Abbas, a des courses à faire. Comme tout le monde sait que le Ministre a des biens immobiliers et financiers aux USA, les autres ont trouvé normale qu’il continue un séjour privé. Mais en réalité, l’ex Ministre a voulu promouvoir sa propre candidature au poste d’administrateur au FMI. Mais la démarche est non seulement maladroite, mais elle frise l’ignorance. Les candidatures à ces postes sont soumises à des procédures bien établies et particulièrement, elles doivent émaner des Etats, et non à titre individuel. Ces anciens collègues n’ont pas manqué de lui rappeler cela, mi moqueurs, mi sérieux, en insistant sur le fait qu’il y a déjà un tchadien sur la piste et qu’un pays ne peut pas proposer ou soutenir deux candidats pour un même poste. Pauvre du Tchad !

Beremadji Félix
N’djamena


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